Chaque chose en son temps, de Lorris Murail

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Reine, une jeune femme française au service de Louis Nicolic, un scientifique Serbe pendant la première guerre mondiale, le retrouve un jour gravement blessé après l’une de ses expérience. Des médecins l’emportent dans un hôpital militaire à quelques kilomètres de là et Reine se retrouve seule avec une étrange découverte : un trou noir s’est formé dans le laboratoire du scientifique. Cent ans plus tard, en 2015, deux enfants observent le même phénomène dans le garage de leur maison…

J’ai beaucoup aimé ce roman mais j’ai néanmoins un avis assez partagé. D’un côté j’ai passé un très bon moment en le lisant : Reine est un personnage attachant, une jeune femme pleine d’énergie qui donne du rythme à l’histoire. Elle est assez naïve sur l’ampleur de la Grande guerre au début et on découvre donc en même temps qu’elle l’atrocité des conflits auprès des Gueules Cassées de l’hôpital. Lorsqu’elle commence à comprendre qu’elle peut, à travers le trou noir, parler avec de habitants du futur, elle veut naturellement savoir quand est-ce que cette guerre finira. Quand Quentin et Blaise lui annoncent trois ans de conflit supplémentaires, et pour couronner le tout une seconde guerre mondiale, son moral tombe au plus bas… L’Europe que les deux enfants lui décrivent paraît alors merveilleuse, presque utopique, une belle promesse d’espoir. Un pays où l’Allemagne et la France seraient unies ! Partageraient la même monnaie ! Sans guerre ! Cette description peut paraître un peu trop idéalisée (surtout quand on connaît toutes les tensions qui animent l’Union Européenne actuellement) mais en même temps elle montre à quel point il est important de préserver la paix…

«  Il faudra être patient, attendre peut-être… quarante ans, mais il viendra, je vous l’assure, ce jour où les frontières s’effaceront et où toutes les nations de l’Europe s’uniront. Je ne vous dis pas que tous les problèmes disparaîtront mais la paix régnera. Du nord au sud, de l’ouest à l’est, il n’y aura plus qu’un seul pays, une seule grande communauté où les hommes respecteront le même drapeau, chanteront le même hymne, partageront les mêmes richesses qu’ils paieront avec la même monnaie ! »

Le message que tente de faire passer ce roman est donc particulièrement fort et très intéressant même s’il peut paraître un peu simpliste et cucul. La dimension fantastique de l’histoire donne un peu de piquant à l’intrigue, et surtout beaucoup d’espoir à Reine qui tente par tous les moyens de sauver Louis Nicolic. Mais… le concept d’échange temporel pendant la Grande guerre ne vous fait-il pas un peu (beaucoup) penser à Lire la suite

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La nuit des temps de Barjavel

la nuit des temps

Simon fait partie d’une expédition scientifique au pôle sud en tant que médecin. Il ne pense qu’à revenir dans un pays chaud et confortable jusqu’au jour où un étrange signal apparaît sur l’écran d’un des appareils de mesure. Des ruines vieilles de plus de 900 000 ans, enfouies sous 980 mètres de glace, viennent d’être découvertes au point 612 de l’Antarctique…

« Je suis entré, et je t’ai vue.

Et j’ai été saisi aussitôt par l’envie furieuse, mortelle, de casser, de détruire tous ceux qui, là, derrière moi, derrière la porte, dans la Sphère, sur la glace, devant leurs écrans du monde entier, attendaient de savoir et de voir. Et qui allaient TE voir, comme je te voyais.

Et pourtant, je voulais aussi qu’ils te voient. Je voulais que le monde entier sût combien tu étais, merveilleusement, incroyablement, inimaginablement belle.

Te montrer à l’univers, le temps d’un éclair, puis m’enfermer avec toi, seul, et te regarder pendant l’éternité. »

Le début de l’histoire m’a particulièrement plu : j’avais très hâte de connaître ce qui se cachait sous le glace dans une sphère d’or impénétrable. Simon, narrateur occasionnel, nous livre ses sentiments sur l’expédition de manière postérieure, une fois revenu à Paris. Ces courts passages ne font qu’augmenter le mystère autour de cette découverte polaire. Qu’est-ce qui a pu le bouleverser autant sous la glace de l’Antarctique ? Pourquoi peine t-il à retrouver sa vie urbaine ? De quoi attiser la curiosité… Et je n’ai pas été déçue ! Les personnages sont tous très intéressants à leur façon : Simon l’est en fait principalement pour les sentiments qu’il éprouve pour « la découverte » (haa ! c’est dur de ne pas en dire plus ! ;)), et on a finalement peu d’informations à son sujet. Les autres chercheurs ont des caractères variés et certains préjugés que j’ai pu avoir sur des personnages se sont finalement révélés faux par la suite. L’ensemble des personnages dépeint un milieu scientifique essentiellement masculin, à l’exception d’une femme dans l’équipe…

Si le début de l’histoire est rythmé, le milieu du roman alterne entre des passages tout aussi intéressants et d’autres qui trainent un peu en longueur à mon goût : on en sait finalement presque trop. L’auteur nous raconte tout ce qui s’est passé il y a 900 000 ans dans les moindres détails alors que tout n’est pas d’une importance capitale, si bien que cela laisse finalement peu de place à l’imagination. Je préfère être dans l’attente de la vérité qu’à un stade où l’on croit tout connaître alors que ce n’est pas forcément le cas… Et pour cause, je ne m’attendais pas du tout au retournement final, l’effet de surprise est très réussi ! Il clôt l’histoire en beauté et donne envie de relire le début du livre pour y découvrir d’éventuels indices…

Entre découverte scientifique, romance et fantastique, La nuit des temps marie des genres très différents pour former une histoire captivante que j’ai adorée !

marguerite passionément

Mlle Jeanne



 

Passenger, d’Alexandra Bracken

Etta, une jeune violoniste talentueuse et passionnée voit son destin basculer le jour de sa première. Alors qu’elle s’apprête à entrer sur scène pour jouer le Concerto pour violon de Mendelssohn avec un Stradivarius, un sifflement strident qu’elle seule semble entendre retentit. Quelques minutes plus tard, elle retrouve sa professeure de violon assassinée et voyage à travers le temps pour atterrir en plein 18e siècle…

Ce livre me faisait envie depuis un petit bout de temps et je n’ai pas été déçue ! L’histoire (et surtout le résumé de la quatrième de couverture) peut sembler un peu clichée mais ce n’est finalement pas le cas. Les personnages principaux sont attachants et assez complexes ; le prologue est assez déroutant mais on le comprend au fur et à mesure qu’on découvre le passé de Nicholas, un des protagonistes. Si la notion du temps est un peu chamboulée à cause de tous ces voyages temporels, le passé des personnages à un rôle très important dans l’intrigue. Certains, sans trop vous en dire, se révèlent à la fin de l’histoire pour renverser des situations et surprendre le lecteur, et c’est vraiment réussi (en tous cas personnellement je me suis laissée cueillir !). On voyage donc dans le temps en compagnie d’Etta et Nicholas, et on découvre beaucoup de lieux à différentes époques. Le moment que j’ai préféré est leur excursion en Syrie au XVIe siècle. Lire la suite

Six of crows, de Leigh Bardugo

Les Dregs font parti des gangs des rues de Ketterdam qui sont prêts à tout pour l’argent. Van Eck, un riche marchand, propose une étrange mission à Kaz, leur chef en échange d’une énorme somme d’argent. Il se lance alors avec ses compagnons dans une dangereuse aventure pour faire évader un savant du palais des glaces, une forteresse jusque là imprenable.

Au début de ma lecture, j’étais un peu perdue au milieu de cet univers et ces personnages nouveaux… et ce n’est pas désagréable. On comprend l’histoire petit à petit et au bout d’un moment, il devient impossible de lâcher son livre ! Les personnages principaux sont tous très attachants à leur manière. Ils ont un passé lourd de secrets et de douloureuses expériences malgré leur jeune âge et on prend beaucoup de plaisir à le découvrir petit à petit. Je ne sais pas si on peut dire qu’il y a vraiment un personnage principal parce qu’on suit l’histoire aux côtés de six compagnons, mais l’une de mes préférés est Inej. Elle fait beaucoup penser à Ellana la marchombre, un des personnages principaux de la Quête d’Ewilan, auquel Pierre Bottero a consacré une trilogie que j’ai adorée.

  

Elles agissent toutes les deux dans l’ombre, sans qu’on les remarque ni ne les entende mais elles sont beaucoup plus complexes que ce que les apparences peuvent laisser croire (ça me donne envie de relire Ellana tout ça… ;)). Les Dregs sont des voleurs auxquels on pourrait reprocher beaucoup de choses : les personnages sont loin d’être tout blanc et ça contraste avec d’autres livres où l’intrigue est un peu trop manichéenne.

L’histoire se déroule donc dans un univers fantastique, mais Ketterdam s’apparenterait si je ne me trompe pas à Amsterdam à l’époque de la Hanse des marchands probablement. J’avais l’impression de retrouver beaucoup d’éléments d’autres livres, ou films pendant ma lecture sans pouvoir vraiment les identifier. Généralement quand on dit ça, ce n’est pas très positif, mais là, tout est très bien agencé pour donner un univers qui paraît familier mais qui est en fait rempli d’embûches et d’éléments fantastiques divers et variés. Parmi eux, la découverte du savant emprisonné, le jurda parem, permettrait de décupler les facultés des grishas, une partie de la population persécutée et dotée de pouvoirs magiques utiles comme dangereux selon l’utilisation…

Donc si vous voulez une idée plus ou moins précise de ce que peut être l’univers de ce livre, vous pouvez faire un mélange d’Ellana, de Pierre Boterro, Reckless de Cornelia Funke, Helia Meldyn d’Hina Corel et des Chroniques de Dragonlance de Margaret Weis et Tracy Hickman (pour le côté quête entre compagnons).

      

Bref, je pourrais m’attarder sur beaucoup d’autres éléments : le roman renferme d’une multitude de petits détails qui participent à un rendu très réussi que je vous laisse découvrir par vous même. De mon côté, j’ai hâte de lire la suite !

L’avez-vous lu ? Qu’en avez-vous pensé ?

Mlle Jeanne



La passe-miroir T3, La mémoire de Babel, de Christelle Dabos

Après avoir passé deux ans et sept mois sur Anima, Ophélie part à la recherche de Thorn. Arrivée à Babel, elle découvre le Mémorial, une immense bibliothèque qui semble refermer un secret en lien avec l’ancien monde…

J’étais très impatiente de lire ce troisième tome, ayant adoré les deux premiers. L’histoire est très captivante : dès le début, on retrouve d’anciens personnages et on en découvre de nouveaux. On pénètre avec Ophélie dans Babel, une arche assez étrange où se déroulent des évènements inhabituels et inquiétants !

Les nouveaux personnages secondaires sont très approfondis : on pense les connaître alors qu’ils nous surprennent sans cesse. Ophélie doit essayer de discerner ses alliés de ses ennemis sous une nouvelle identité : elle s’appelle désormais Eulalie. Tout au long des trois tomes, Ophélie ne cesse d’évoluer, de prendre de l’assurance tout en continuant à être maladroite et à « déjouer les lois de la statistique », comme dirait Thorn.

J’attendais après appréhension et beaucoup d’impatience les retrouvailles entre Thorn et Ophélie et, sans vous en dire plus, elles ne m’ont pas déçue ! Ce sont deux personnages tellement complexes, chacun à leur façon (et tellement attachants aussi) ! C’est un des seuls romans que j’ai lu où l’histoire Lire la suite