The selection, by Kiera Cass

Bonjour !

Voici un article un peu particulier. J’ai lu La Sélection en anglais et je vous propose donc une critique en français… puis en anglais ! J’ai le même avis dans les deux versions, mais je ne dis pas les même choses… c’est fait exprès ! Veuillez excusez les fautes s’il y en a (normalement non !) et n’hésitez pas à commenter ! 😉

Dans un pays, Ilea, dirigé par un roi et organisé en différentes castes, America Singer vit paisiblement, quoique un peu précairement avec sa famille. Elle vient de la cinquième caste : celle des artistes. Sa vie semble déjà toute tracée d’avance : elle veut se marier avec Aspen, qui est pourtant d’une caste inférieure à la sienne, et jouer de la musique pour survivre. Mais le prince Maxon entre en âge de se marier : il organise une compétition, la Sélection, ouverte à toutes les jeunes filles de toutes les castes, dans le but de trouver une épouse et de donner de l’espoir aux gens. Forcée par sa mère, qui ne sait rien de sa relation avec Aspen, America envoie une photo d’elle pour la Sélection. Quand America apprend qu’elle est prise pour la Sélection, elle part de chez elle, comme beaucoup d’autres jeunes filles, pour entrer dans le palais royal…

En commençant ma lecture, je pensais que ça n’allait pas vraiment me plaire : habituellement, les histoires d’amour dans les livres, ce n’est pas ce que je préfère. Là, l’histoire est clairement centrée autour de l’histoire d’amour… et pourtant j’ai bien aimé. L’auteur arrive à nous tenir en haleine jusqu’à la fin… et même plus puisque j’ai déjà lu le deuxième tome et que j’ai hâte de lire le troisième. Il y a beaucoup de petites histoires dans la grande, de complots, de rebondissements, d’émerveillement aussi quand on découvre en même temps qu’America toutes les facettes du palais. J’ai bien aimé l’aspect politique et historique qu’on découvre en même temps qu’America, mais il n’est pas assez présent je trouve. Concernant cet aspect là, dans le même style (SF), j’ai lu Red Queen, de Victoria Aveyard où pour le coup l’histoire était principalement basée sur les complots, les retournements politiques et la révolution qui pointait.

America est un personnage très attachant : elle a beaucoup de caractère et elle l’assume. Elle se démarque de ses « camarades » par son honnêteté, son entêtement et sa franchise. Ensuite, c’est vrai que ce livre est très girly et que la première sélection de la compétition est entièrement basée sur le physique puisqu’il ne s’agit que d’une photo… ce qui est un peu limite, mais assez réaliste puisqu’on reste quand même dans un univers de « princes et princesses ».

C’est également cet univers de conte de fées qui me laisse penser que je connais la fin de l’histoire avant même de l’avoir lue… mais ça n’empêche pas que j’ai envie de lire la suite, au contraire : j’ai envie de savoir comment est-ce qu’elle est amenée par l’auteur(e).

En bref, c’est une très bonne lecture et une très agréable surprise puisque je partais plutôt avec des a priori négatifs… J’ai hâte de lire le tome trois !

… et la partie en anglais maintenant !

In a country, Ilea, managed by a king and organized by castes from eight (the lowest) to one, the prince Maxon wants to get married. The royal family organizes a competition open to any young girls from all castes to marry the prince. America Singer is a five. She is a musician : she plays the violin and the piano very well. Her mother pushes her to participate so she sends a photo of herself for the competition. A few days later, she learns that she is accepted for the Selection. Like a lot of other young girls form all the country, she leaves her family to go to the royal palace.

It’s surely a very girly book and… Ok I will assume it ! At the beginning, I thought that it will probably be boring and not very interesting, but I gradually started to care about America. She has her own personality and she assumes it. We discover the palace with her and it’s quite exciting ! There are a lot of different plots and it’s finally just all but boring. I don’t know how, but the author manages to keep our attention and to turn a banal history into an absorbing romance. There is just one thing which makes me angry : it’s the love triangle. I can’t stand it !

With the first book, we discover the universe, all the people… and I wondered what would be the plot when I started the second book. And… it’s quite difficult to answer ! The same story continues but there are a lot of complications, of little plots into the big one. The plot is focused on the love story and I am not really interested in that when I am reading a book… but there is a lot of suspense, and, I think I know the end but I want to know how does it happen.

It’s the first book I manage to read in English, so I think the English it’s not too difficult. I don’t understand all the words but it’s quite easy to understand with the context. If, like me, you want to read a book in English, it’s a good one to begin.

So I really liked the two first books… And I just can’t wait to read the third one!

Mlle Jeanne



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1984, de George Orwell

 

« ils me fusilleront ça m’est égal ils me troueront la nuque cela m’est égal à bas Big Brother ils visent toujours la nuque cela m’est égal A bas Big Brother. »

4 avril 1984 : ce sont les premiers mots qu’inscrit Winston sur son journal. S’en suivent beaucoup d’autres, et peu importe ce qu’il y écrira, puisque le fait d’écrire dans un journal constitue en lui-même un crime. Dans un monde où « la guerre c’est la paix », « la liberté c’est l’esclavage », « l’ignorance c’est la force » et où « Big Brother vous regarde », il est pratiquement impossible de penser différemment, d’avoir quelques secondes à soi ou d’effectuer le moindre geste qui puisse être suspect. Pourtant, Winston est persuadé de ne pas être le seul à vouloir plus de liberté à cause d’un regard échangé, d’un rêve des plus étranges, ou d’attitudes trop parfaites.

« Son attention se concentra de nouveau sur la page. Il s’aperçut que pendant qu’il s’était oublié à méditer, il avait écrit d’une façon automatique. Ce n’était plus la même écriture maladroite et serrée. Sa plume avait glissé voluptueusement sur le papier lisse et avait tracé plusieurs fois, en grandes majuscules nettes, les mots : À BAS BIG BROTHER

(…) La moitié d’une page en était couverte. »

J’avais entendu beaucoup de bien de 1984 quand j’ai commencé ma lecture et je n’ai pas été déçue. Dès le tout début, on a envie de tout comprendre : d’en apprendre plus sur le personnage principal, Winston, de découvrir cet état totalitaire, de savoir comment est-ce que l’histoire finira.

Je ne sais pas si je peux clairement dire que j’ai aimé le personnage principal, Winston. C’est à travers ses yeux qui s’ouvrent petit à petit sur le monde qui l’entoure qu’on découvre le fonctionnement de cette société terrifiante et impressionnante par beaucoup d’aspects. Ce n’est pas pour autant que je me suis particulièrement attachée à ce personnage (et la fin n’y est sans doute pas pour rien…), mais ce n’est absolument pas gênant pour la lecture et j’ai tout de même adoré ce livre. C’est quelqu’un de vraiment très intéressant et on assiste en quelque sorte à sa renaissance car il découvre quelques bonheurs de la vie en même temps que l’atrocité du cercle vicieux dans lequel la société dont il fait partie est plongée.

« – Ne voyez-vous pas que le véritable but du novlangue est de restreindre les limites de la pensée ? A la fin, nous rendrons littéralement impossible le crime par la pensée car il n’y aura plus de mots pour l’exprimer. »

Un des éléments qui m’a le plus plu dans ce roman est l’invention du novlangue. Contrairement aux autres langues, le but du novlangue n’est pas de restreindre son vocabulaire mais de l’agrandir. En effet, la logique est simple : si on n’a plus de mots pour exprimer un crime, comment pourrait-on avoir l’idée de le commettre ? C’est un raisonnement assez déroutant au début, mais qui est pourtant très ingénieux si on suit la logique de pensée de l’Etat.

Cet Etat, dont je n’ai pas beaucoup parlé jusqu’à présent, est représenté par un homme dont on ne sait pas grand chose : Big Brother. Il réécrit sans cesse l’histoire pour avoir systématiquement raison. Le métier de Winston est en effet de réécrire d’anciens articles de journaux si ceux-ci disaient quelque chose qui a été modifié ou qui donne tort à l’Etat, et d’ensuite détruire l’ancien article pour qu’il n’y ait plus aucune preuve. Ainsi, l’Océania, le pays dans lequel vit Winston est continuellement en guerre avec l’Eurasia ou l’Estasia, cela change relativement régulièrement et personne ne s’en rend compte puisque l’état de guerre est devenu une habitude et que l’ennemi est finalement un détail.

La fin de l’histoire est à la fois géniale et horrible. Je crois que c’est la première fois que j’aurais préféré que le personnage principal d’un roman meure. C’est bizarre de dire ça, mais oui, je crois que j’aurais vraiment préféré qu’il meure. La fin est impressionnante et je ne dis pas que j’aurais préféré une autre fin, seulement que d’un point de vue moral… la fin est juste horrible. Elle est en parfaite cohésion avec le reste du roman, en y réfléchissant, mais pour moi qui suis toujours restée en mode « et ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants », le choc est un peu rude !

Bref, 1984, est un roman qui faut absolument lire, je pense. Ensuite, il existe surement plusieurs « niveaux de lecture » : j’entends par là que je n’ai sans doute pas tout compris tout le temps et que je n’ai pas particulièrement approfondi la réflexion que peut susciter cette lecture, mais dans tous les cas, je l’ai vraiment appréciée. C’est un roman d’anticipation captivant et très intéressant qui nous montre un totalitarisme poussé à l’extrême.

L’avez-vous lu ? Qu’en avez-vous pensé ?

Mlle Jeanne



Je volais je le jure, de Didier Pobel

Résumé de l’éditeur : Un matin, au sortir d’un rêve agité, Grégoire se retrouve transformé en oiseau. Pas facile de prendre ses aises là-haut quand on était, l’instant d’avant, un simple lycéen de 17 ans. Mais quel exaltant sentiment de liberté lorsque, sur terre, tout n’est que menace et violence ! Récit d’une métamorphose moderne, ce nouveau roman de Didier Pobel est aussi un hymne à tout ce qui donne des ailes. Le sourire d’une petite amie. Un air de guitare. Quelques vers d’un poème. Ou la voix de Jacques Brel qui chante « Je volais je le jure, je jure que je volais (…) Mon cœur ouvrait les bras, je n’étais plus barbare… »

Au début de ma lecture, j’ai été un peu déstabilisée. Je m’attendais à ce qu’il y ait une réelle intrigue, qu’on en sache un peu plus sur cette métamorphose. Par fragments de souvenirs, on commence finalement à comprendre. Et puis petit à petit je me suis laissée portée par l’histoire. Le personnage principal fait une petite pause dans sa vie en prenant de la hauteur et on l’accompagne dans ce voyage si particulier. Didier Pobel fait passer des messages à travers ce livre : il parle de l’actualité vue par un jeune homme de 17 ans et nous offre une nouvelle vision du monde en nous incitant à profiter des petits plaisirs de la vie. Il y a beaucoup de références (jusqu’au titre lui-même !) qui donnent envie d’écouter de la musique, de lire, et de se laisser vivre.

« Les chansons ne sauvent de rien mais sans elles on meurt encore plus vite. »

Le personnage principal, un jeune homme ou un jeune oiseau, on ne sait plus très bien, est plutôt attachant : il est comme un compagnon de voyage qui nous accompagne un moment pour nous aider à voler de nos propres ailes ensuite. Je trouve la couverture magnifique, avec toutes ces nuances de bleu et cette colombe qui apporte un message de paix.

En résumé, Je volais je le jure est un livre où il faut accepter de se laisser emporter direction une très bonne lecture qui a un petit gout de liberté.

Merci beaucoup aux éditions Bulles de Savon pour cet envoi !

Mlle Jeanne



L’aube sera grandiose, d’Anne-Laure Bondoux

 Nine devait aller à la fête de son lycée, retrouver ses amis et passer la soirée avec eux. Au lieu de ça, Titania, sa mère, l’emmène dans une cabane au bord d’un lac où ses souvenirs vont refaire surface. Elle s’apprête à raconter l’histoire qu’elle n’a jamais pu écrire et qui la hante pourtant depuis si longtemps ; la sienne.

Quand j’ai su qu’Anne-Laure Bondoux avait écrit un nouveau roman, j’ai tout de suite eu très envie de le lire. J’avais adoré La Princetta et le capitaine, Tant que nous sommes vivants et Les larmes de l’assassin, et L’aube sera grandiose a été une nouvelle bonne surprise.

Au début du roman, j’ai été un peu déstabilisée, il faut prendre le temps de rentrer dans l’histoire et de se laisser emporter. On passe la nuit avec Nine et sa mère, et beaucoup d’autres personnages racontés par Titania en même temps que sa propre histoire. Au début, ce sont juste des souvenirs d’enfance, et puis petit à petit, se mêlent à cela des mystères, des questions souvent dirigées vers la mère de Titania. On rencontre d’abord la Titania adulte, mère d’une ado, écrivain accomplie, et ensuite une enfant heureuse puis une jeune femme qui se cherche.

Avec Nine, on découvre une personne qui a un passé mystérieux et jamais dévoilé jusqu’à cette nuit qui s’annonce longue et chargée en révélations. En plus des souvenirs, la relation entre Nine et sa mère est particulièrement belle. On alterne de façon plus ou moins régulière entre un chapitre avec Titania enfant et un autre Lire la suite

Sauveur et fils, de Marie-Aude Murail

Résumé de l’éditeur : Quand on s’appelle Sauveur, comment ne pas se sentir prédisposé à sauver le monde entier ? Sauveur Saint-Yves, 1,90 mètre pour 80 kg de muscles, voudrait tirer d’affaire Margaux Carré, 14 ans, qui se taillade les bras, Ella Kuypens, 12 ans, qui s’évanouit de frayeur devant sa prof de latin, Cyrille Courtois, 9 ans, qui fait encore pipi au lit, Gabin Poupard, 16 ans, qui joue toute la nuit à World of Warcraft et ne va plus en cours le matin, les trois soeurs Augagneur, 5, 14 et 16 ans, dont la mère vient de se remettre en ménage avec une jeune femme…
Sauveur Saint-Yves est psychologue clinicien.
Mais à toujours s’occuper des problèmes des autres, Sauveur oublie le sien. Pourquoi ne peut-il pas parler à son fils Lazare, 8 ans, de sa maman morte dans un accident ? Pourquoi ne lui a-t-il jamais montré la photo de son mariage ? Et pourquoi y a-t-il un hamster sur la couverture ?

Avant Sauveur et fils, j’ai lu Simple, un autre roman de Marie-Aude Murail qui est absolument génial, drôle, émouvant… à lire sans aucune hésitation !

Donc comme j’avais adoré Simple, j’avais également très envie de lire Sauveur et fils parce que le résumé est très original (comme le roman !), que Simple était vraiment bien écrit, et que la couverture est marrante (et un peu dure à assumer quand des gens vous regardent bizarrement dans le bus 😉 )

Au début, l’histoire est un peu déroutante : on assiste aux rendez-vous de Sauveur, on a un peu l’impression d’espionner des conversations. On suit donc plusieurs patients et ce n’est pas toujours simple de se souvenir de chaque cas, mais c’est ce qui fait la complexité de l’histoire, son charme.

Certains sujets ne sont pas toujours très faciles à aborder, parfois tabous, et Marie-Aude Murail utilise une approche un peu décalée, parfois comique, émouvante également par moments, et ça donne un ensemble léger, absolument pas dramatique. J’ai beaucoup aimé découvrir le cheminement qu’effectue Sauveur pour aider les gens ou pour comprendre la raison de leur mal-être.

En parallèle des consultations de Sauveur, on suit les aventures de Lire la suite