Au bonheur des dames, d’Emile Zola

Denise arrive à Paris avec ses frères pour la première fois dans l’espoir de pouvoir travailler chez son oncle. En faillite, celui-ci ne peut pas l’accueillir. Elle entre alors comme vendeuse chez son plus grand concurrent : Au bonheur des dames, un gigantesque magasin spécialisé dans le prêt à porter féminin.

Au bonheur des dames était le premier roman de Zola que je lisais et il me donne très envie d’en lire d’autres. Je me suis tout de suite attachée à Denise ; on redécouvre Paris à la fin du XIXe siècle avec elle. Tout au long du roman, le Bonheur des dames est décrit comme étant une énorme machine, un monstre qui écrase toutes les petites friperies qui ont du mal à s’adapter. Si Denise est au début terrifiée par cette ville qu’elle ne connaît pas, la concurrence entre les vendeuses du magasin et la misère dont elle a du mal à sortir, elle évolue petit à petit (comme dans un roman initiatique) et trouve finalement sa place.

L’histoire d’amour est très captivante : le suspens est tenu jusqu’à la dernière page ! Elle permet de montrer un autre visage des personnages : Denise est d’abord présentée comme étant mal coiffée, pas spécialement belle, puis comme ayant du charme et étant intelligente.

Mourret, le directeur du grand-magasin est un personnage très intéressant et complexe, persuadé qu’il faut encore agrandir le magasin, baisser les prix, inaugurer de nouveaux rayons plus exotiques les uns que les autres. Petit à petit, les clientes ressentent, non plus un désir, mais un besoin irrationnel d’acheter de nouveaux vêtements et tissus, jusqu’à en voler parfois. La description du magasin, de la foule qui y pénètre, des acheteurs, pourrait paraître ennuyante, mais elle est au contraire très intéressante : elle donne une impression de mouvement, Lire la suite

La passe-miroir T3, La mémoire de Babel, de Christelle Dabos

Après avoir passé deux ans et sept mois sur Anima, Ophélie part à la recherche de Thorn. Arrivée à Babel, elle découvre le Mémorial, une immense bibliothèque qui semble refermer un secret en lien avec l’ancien monde…

J’étais très impatiente de lire ce troisième tome, ayant adoré les deux premiers. L’histoire est très captivante : dès le début, on retrouve d’anciens personnages et on en découvre de nouveaux. On pénètre avec Ophélie dans Babel, une arche assez étrange où se déroulent des évènements inhabituels et inquiétants !

Les nouveaux personnages secondaires sont très approfondis : on pense les connaître alors qu’ils nous surprennent sans cesse. Ophélie doit essayer de discerner ses alliés de ses ennemis sous une nouvelle identité : elle s’appelle désormais Eulalie. Tout au long des trois tomes, Ophélie ne cesse d’évoluer, de prendre de l’assurance tout en continuant à être maladroite et à « déjouer les lois de la statistique », comme dirait Thorn.

J’attendais après appréhension et beaucoup d’impatience les retrouvailles entre Thorn et Ophélie et, sans vous en dire plus, elles ne m’ont pas déçue ! Ce sont deux personnages tellement complexes, chacun à leur façon (et tellement attachants aussi) ! C’est un des seuls romans que j’ai lu où l’histoire Lire la suite

Hisse et Ho T4 : Le tableau maudit, d’Anne Loyer

Pour lire nos avis sur les tomes 1, 2 et 3 c’est par ici !

Hisse et Ho continuent leur voyage et accostent cette fois-ci à Venise. En gondole ou à pied dans les rues ensoleillées de la ville, ils font d’étranges rencontres, visitent des lieux incroyables et découvrent un tableau très énigmatique !

Encore une fois, j’ai commencé ma lecture avec beaucoup de plaisir, et la magnifique couverture de Solenn Larnicol n’y est sans doute pas pour rien ! Dès le début, on retrouve Hisse et Ho et l’ambiance si particulière du livre. Les rebondissements s’enchainent, entre découverte de la ville et de la langue, peinture et vol de photo !

Et cette fois-ci, les deux jumeaux s’amusent à échanger leur rôle… imaginez Hisse à la place de Ho et Ho à la place de Hisse ! Pour introduire ce changement, voici un petit passage qui m’a particulièrement plu :

«  – Tu te rappelles à quoi on jouait avant ?

– Heu… à plein de trucs.

Deux pour un ? Ca te parle ?

Si ça me parlait… Je revoyais même très bien sa tête la fois où elle était entrée dans ma chambre, telle une furie de compétition, brandissant un livre comme si c’était une baguette magique.

– IL FAUT que tu lises ce livre !

– Et d’un, tu me donnes pas d’ordre, et de deux, je préfère choisir moi même mes activités, si tu veux bien.

Mais elle ne m’avait pas laissé le choix –elle avait déjà tout du dictateur en culotte courte à l’époque- et je dois dire qu’on avait bien rigolé. Le bouquin s’appelait Deux pour Une et racontait l’histoire de deux jumelles qui échangeaient leur identité pour tromper leurs parents. »

Je suis totalement d’accord : IL FAUT lire ce livre (et le faire lire) ! Bref, ce petit clin d’œil m’a bien fait sourire !

Comme pour le tome précédent, j’ai juste un tout petit regret, c’est que le même schéma est utilisé pour chaque tome. Je m’explique : Hisse et Ho accostent, rencontrent une personne très sympa qui va les faire visiter (et qui parle à peu près français), ils leur arrivent plein d’aventures, et ils repartent pour une nouvelle destination. Pendant ma lecture, je n’ai pas eu d’impression de déjà vu, au contraire, donc ce n’est pas du tout Lire la suite

La couleur des sentiments de Kathryn Stockett

En 1963, Skeeter Phelan rentre chez elle après avoir obtenu son diplôme. A son arrivée, Constantine, la bonne de la famille qui l’a élevée est partie et ses parents refusent de lui donner l’explication de son départ. Skeeter, jeune femme moderne, s’occupe d’articles de conseils ménagers dans un journal. Révoltée par la condition des Noirs dans sa ville, elle décide d’écrire secrètement un roman en recueillant des témoignages de bonnes Noires qui ont passé leur vie à élever les enfants des Blancs.

« J’ai envie de crier assez fort pour que Baby Girl m’entende, de crier que sale, c’est pas une couleur, que les maladies, c’est pas les Noirs. Je voudrais empêcher que le moment arrive –comme il arrive dans la vie de tout enfant blanc- où elle va se mettre à penser que les Noirs c’est moins bien que les Blancs. »

Au retour de ses études, Skeeter revient changée : elle voit différemment le monde qui l’entoure. Elle comprend que la condition des Noirs n’est pas normale et qu’il faut que les choses changent. La comparaison à ses anciennes amies est flagrante, elles ont, par exemple, des toilettes séparées pour leur bonne et elles trouvent ça normal. Ça montre bien la mentalité de l’époque et l’important changement qu’il y a eu depuis. Tout au long de l’histoire, on découvre des personnages complexes et émouvants. Je me suis tout de suite attachée à Skeeter : elle est travailleuse et décidé. Les deux autres narratrices, Minny et Aibileen, des bonnes Noires, donnent un point de vue différent à l’histoire. Elles ont des caractères assez marqués qui se complètent et qui donnent un peu de piment au récit. Elles élèvent les enfants des Blancs, et pourtant, ce sont eux qui, des années plus tard, deviennent leur patron à leur tour.

J’ai beaucoup aimé la fin de l’histoire Elle nous laisse imaginer ce qu’on veut pour la suite tout en étant claire et cohérente. Ce roman est très bien écrit et j’étais transportée dans l’histoire. Il est bien sur romancé, mais il donne un Lire la suite

Gamer T.3 Fragmentation, de Pierre-Yves Villeneuve

Pour lire mes articles sur les tomes précédents c’est ici (T1) et ici (T2)

On retrouve Laurianne dans ce troisième tome, et sa manie de tout le temps se mettre dans des situations plus délicates les unes que les autres ! Avec ses amis, elle se prépare au championnat mondial de Ligue, s’entraîne beaucoup (et travaille peu…) et rencontre même un coach censé les entraîner. Bref, nous voilà reparti pour un tome mouvementé !

J’avais hâte de lire ce troisième tome et je n’ai pas été déçue : l’histoire est toujours aussi sympathique et pleine de rebondissements. On dirait vraiment que Laurianne a un don pour se mettre dans des situations compliquées (mais bizarrement ça se termine généralement bien) : cette fois-ci, Sarah-Jade est passée en mode veilleuse, mais Zach, un de ses amis, essaye étrangement de se rapprocher de Laurianne, l’entraîneur de leur équipe de Ligue est tout sauf encourageant et agréable, et l’avatar de Laurianne, Stargrrrl, manque de mourir de peu ! Beaucoup de petites intrigues s’entremêlent dans la grande, on n’a donc pas le temps de s’ennuyer.

Je pensais que ce troisième tome était le dernier, j’ai donc été un peu surprise quand je me suis rendue compte que ce n’était pas du tout le cas… et je viens de regarder une vidéo où l’auteur disait ne pas savoir combien il y aurait de tome exactement, peut-être même dix volumes si l’envie était toujours là ! Et… les réponses tant attendues sur ce qui est arrivé à la mère de Laurianne arriveront surement dans le prochain tome ! Bref, si vous voulez en apprendre plus, n’hésitez pas à aller voir cette interview de l’auteur ici (l’accent québécois est un peu déroutant au début !).

Dans les précédents tomes, les passages de l’histoire sur le jeu vidéo Ligue me paraissaient souvent un peu long, là au contraire, ce n’était pas le cas : ils faisaient avancer l’histoire (et étaient même parfois un peu stressant).

Je suis par contre un peu déçue par la couverture, autant la mise en page avec des pixels à l’intérieur est super, autant la couverture ne change pas au fil des tomes (à part la couleur) et n’est pas très attirante je trouve.

En conclusion, j’ai beaucoup aimé retrouver Laurianne et ses amis dans ce tome très mouvementé et j’attends le prochain tome avec impatience (surtout si on en apprend plus sur la mère de Laurianne) !

Merci beaucoup aux éditions Kennes pour cet envoi !

Mlle Jeanne