Hisse et Ho T5, La lettre secrète, d’Anne Loyer

Après l’île de Bréat, le Portugal, l’Espagne et l’Italie, les jumeaux et leurs parents sont prêts pour une nouvelle aventure, direction Londres et le tournage d’Oliver Twist ! Entre découverte de la ville, conversations avec un acteur pourri-gâté et course poursuite, Hisse et Ho ne sont pas prêts de s’ennuyer !

Je suis à chaque fois impressionnée par le début de l’histoire (et le livre tout entier en fait) : dès le premier chapitre, on plonge dans l’univers de Hisse et Ho… d’un coup ! Premières phrases : « Je rigole ! Je me gausse ! Je me bidonne ! ». Comment ne pas être intrigué par cette originale entrée en matière ? Pour satisfaire ma curiosité, une seule possibilité : lire le livre !

Anne Loyer écrit vraiment bien, de façon très imagée. Le texte regorge de comparaisons, de références, d’expressions rigolotes et de jeux de mots, et ça rend l’histoire très vivante. Cette fois-ci le lecteur est immergé dans le monde du cinéma… et de la littérature. Car s’ils sont sur un tournage, Oliver Twist est tout d’abord un roman écrit par Charles Dickens (La lettre secrète m’a donné envie… un livre en plus sur ma pile à lire ! (ou plutôt étagère, au stade ou j’en suis)).

« Mon petit pirate emplumé pouvait bien me picorer l’oreille pour m’encourager, je n’en menais pas large. Perdue dans une ville étrangère, à, la poursuite d’un délinquant à la trajectoire inconnue, en plein resquillage sans aucun moyen de faire connaître ma position à mon Ho de frère, je me voyais mal partie. (…) Imaginez un instant, une gamine à boucles avec un piaf bigarré dans ce dédale ! »

Les deux jumeaux sont tous les deux très attachants, sympathiques, originaux, bref plein de Lire la suite

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Le cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates, de Mary Ann Shaffer et Annie Barrows

Après avoir écrit Izzy Bickershaff s’en va-t’en guerre et avoir divertit la population anglaise pendant la seconde guerre mondiale, Juliet Ashton, jeune trentenaire, est en manque d’inspiration pour son nouveau roman. Contactée par Dawsey Adams, un habitant de Guernesey membre du Cercle littéraire des amateurs de tourte aux épluchures de patates et actuel propriétaire d’un livre lui ayant jadis appartenu, Juliet commence à écrire aux autres membres du cercle, intriguée. S’en suit une longue correspondance et de nombreuses surprises !

Ce titre, très original, ne pouvait que présager de bonnes choses, et j’ai tout simplement adoré ce roman. Si au début on ne comprend pas forcément tout, l’histoire se met en place assez rapidement pour finir passionnante et émouvante par moment. La correspondance commence en 1946, la deuxième guerre vient de se terminer et le Royaume-Uni n’a pas été épargné. Juliet correspond avec de nombreuses personnes (mais heureusement pas assez pour qu’on puisse s’y perdre) qu’on apprend à connaître au fil du roman. Si au bout d’un moment on croit tout savoir sur eux, un élément de leur passé ou une relation ambiguë qui s’éclaircit vient bousculer nos certitudes. Les personnages sont tous très recherchés et attachants (ou presque), si bien que Juliet en vient à apprécier une personne qu’elle ne connaît que par les paroles et écrits de ses nouveaux amis !

« Cher Sidney,

N’accorde aucune foi à ce que disent les journaux. Juliet n’a pas été arrêtée et emmenée avec les menottes. Elle a juste été réprimandée par un gendarme de Bradford- qui avait grand mal à garder son sérieux.

Elle a bien jeté une théière à la tête de Gilly Gilbert, mais il ment lorsqu’il prétend qu’elle l’a ébouillanté : le thé était froid. »

A travers le cercle littéraire de Guernsey, on découvre aussi une nouvelle façon de voir la lecture : Juliet reçoit des lettres de membres qui n’ont lu qu’un livre de Lire la suite

Vingt mille lieux sous les mers, de Jules Verne

Un gigantesque animal marin sillonne les mers du globe en effrayant les navigateurs et en causant des dégâts sur leurs bateaux. Le professeur Aronnax, expert en histoire naturelle et auteur des deux très célèbres livres « Les mystères des grands fonds sous-marins », est invité à bord de l’expédition chargée de capturer la bête. Alors que, découragés, ils voient enfin la créature sous-marine, celle-ci attaque le navire. Seuls rescapés du naufrage, le professeur Aronnax, son fidèle serviteur Conseil et Ned Land, un harponneur Canadien, trouvent refuge à bord de la créature… qui n’est autre qu’un gigantesque sous-marin, Le Nautilus !

Pour ceux qui n’ont pas encore lu le livre, attention, la fin sera plus ou moins dévoilée en fin d’article.

Mais commençons déjà par le début : à bord du Nautilus, les trois compagnons rencontrent le capitaine Nemo, qui leur promet de leur faire découvrir les mers et océans sous un nouvel angle en échange de leur liberté. On découvre donc le milieu sous-marin avec le professeur Aronnax, aussi bien vêtu de scaphandre pour une chasse aux poissons, qu’avec une attaque de Krakens ou la découverte d’Atlantide. L’histoire est d’autant plus originale que Jules Verne décrit le Nautilus comme un sous-marin beaucoup plus avancé technologiquement que tout ce qui existait alors. Bref, tout le roman est passionnant, les personnages vont d’étapes en étapes, toutes plus impressionnantes les unes que les autres… mais il y a tout de même quelques longueurs qui rendent l’histoire plus monotone et lui font perdre un peu de rythme.

Néanmoins, si je continuais ma lecture, c’était principalement pour savoir qui était le capitaine Nemo, un personnage dont on ne sait pas grand chose, misanthrope, dont la famille semble avoir été assassinée et qui parle de vengeance tout en étant dégouté par les humains et leur cruauté. J’ai donc été terriblement déçue par la fin du livre. Tout au long du roman, j’avais l’impression que Jules Verne laissait des indices.

Pourquoi le capitaine Nemo vit-il à l’écart des hommes ? Qui est-il ? Pourquoi enferme t-il ses trois invités-otages pendant un temps indéterminé à un moment de l’histoire ? Pourquoi un de ses hommes revient-il gravement blessé (et finalement mort) à bord du Nautilus ? Quelle langue parle-t-il avec son équipage ?

Autant de questions restées sans réponses…

Michel Strogoff et Le tour du monde en quatre-vingt jours (les deux autres romans de Jules Verne que j’ai lus) sont également passionnants, mais leur fin est géniale ! Alors… pourquoi cette fin dans Vingt-Mille lieux sous les mers ?

Mon avis sur cette lecture est un peu mélangé : en énumérant ces questions, je me rends compte à quel point les pistes laissées sont/auraient pu être passionnantes, les personnages sont complexes, l’histoire est très originale… et il y a finalement cette fin qui me déçoit.

Si vous l’avez déjà lu, je serais très heureuse de connaître votre avis et de pouvoir en discuter !

Mlle Jeanne



 

Le cycle d’Ender T2 : La voix des morts, d’Orson Scott Card


3 000 ans après le tome 1, nous retrouvons Ender, devenu porte parole des morts, voyageant de planètes en planètes avec sa soeur Valentine et évitant ainsi de vieillir. Bien des années après l’extermination des Doryphores, une nouvelle communauté extra-terrestre a été découverte sur Luisitania : les piggies. Afin de ne pas faire la même erreur qu’avec les doryphores, des xénologues sont chargés d’apprendre à connaitre cette nouvelle espèce pour l’instant tenue à l’écart des hommes. Lorsque Pipo, un xénologue chargé de l’étude des Piggies est tué par ses derniers, Ender est appelé sur Luisitania pour parler de sa mort et faire éclater la vérité.

La voix des morts donne un tout autre aperçu du premier tome : Ender n’est plus acclamé pour avoir tué les doryphores mais considéré comme un monstre. Personne ne se doute à part Valentine et Jane, une sorte d’intelligence artificielle reliée à Ender (désolée si ce n’est pas très clair, c’est beaucoup mieux expliqué dans le livre ;)) que derrière le porte parole des morts, Andrew Wiggin, un homme sage et bon, se cache Ender le Xénocide.

Dans le premier tome, Ender est un enfant déjà assez mature pour son âge; il est maintenant un jeune homme d’une trentaine d’années d’une grande sagesse qui vit en fait depuis trois mille ans (pour remédier à la longueur des voyages dans l’espace, plusieurs années s’écoulent dans le monde extérieur, alors que l’individu qui voyage ne vieillit que de quelques semaines…). On retrouve néanmoins le même personnage, décidé à se racheter et à trouver une planète pour faire vivre la reine des doryphores, dont il a récupéré le cocon plusieurs milliers d’années plus tôt.

Si le premier tome était presque uniquement centré sur Ender, Valentine et Peter, on découvre dans ce roman de nombreux autres personnages aux personnalités très fortes et complexes. Dès le début, on découvre la vie de Pipo et des Piggies qu’il est chargé d’examiner. Son travail, très intéressant, se résume à observer les Piggies, discuter avec eux en leur parlant le moins possible des humains pour ne pas altérer leur mode de vie. Cette étude sert en fait à répondre à une grande question: les Piggies peuvent ils être considéré comme une espèce douée d’intelligence, égale à l’Homme, ou comme des « animaux » (un vocabulaire particulier et plus approprié est utilisé dans le livre) ? En effet, Pipo est tué par les Piggies après avoir fait une découverte les concernant dont il n’a parlé à personne : faut-il considérer cela comme un crime ou comme une « tradition » que les humains ne comprendraient pas (autrement dit, jusqu’où Pipo n’a t-il pas enfreint des règles Piggies inconnues aux humains) ? Bref, plein de questions complexes que je trouve passionnantes.

On peut donc un peu considérer ce livre comme un Lire la suite

Anna et son orchestre, de Joseph Joffo

Fin du XIXe, début du XXe siècle. Anna fuit la Russie et les pogroms avec sa famille. Dans le but de rejoindre l’Amérique, ils traversent l’Europe, en passant par Istanbul, Budapest, Vienne et Paris, où leur orchestre se produit en public.

J’ai lu il y a un petit bout de temps déjà Un sac de billes, sans doute le plus célèbre roman de Joseph Joffo. Je me souviens de l’histoire globale, des personnages, mais surtout de la sensation d’être à fond dans l’histoire. Je l’avais dévoré, et c’est pareil pour Anna et son orchestre.

Dès le début, je me suis beaucoup attachée au personnage d’Anna (la mère de Joseph Joffo). Elle n’a que onze ans au commencement du roman, et ne comprend donc pas la raison de toutes ces émeutes, de ce voyage qui se prépare. Si elle ne se rend pas forcément compte de l’ampleur des événements, elle prend conscience des choses simplement, avec des changements dans son quotidien : la mort de son chien, assassiné, par exemple. Je ne savais pas grand chose des pogroms avant ma lecture (définition wikipédia : attaque accompagnée de pillages et de meurtres perpétrée contre une communauté juive dans l’Empire Russe) et j’en ai donc appris un peu plus au contact d’Anna, tout doucement.

Une autre dimension qui m’a beaucoup  plu : la musique. Au fil de son voyage, on voit Anna évoluer, grandir ; sa musique aussi. On comprend l’importance de ces moments, ces pauses, pour elle et ses proches, la joie que ça leur apporte. Si au début ils ne jouent que pour leur plaisir, la musique leur donne aussi un moyen de vivre, un métier. Selon les villes qu’ils traversent, le format change un peu : orchestre, représentation dans des bars, des cinémas, des mariages.

Tout au long du roman, la musique est magnifiquement décrite, j’avais presque l’impression d’être là.

« C’est étrange, j’ai rejoué ce morceau bien des fois depuis ce jour, dans une chambre d’Istanbul, dans les brasseries de Budapest, à Vienne sur Prater, à Paris, je n’ai pas l’impression de l’avoir depuis si bien interprété que ce soir là, sur ce rafiot poussif perdu dans la mer noire au milieu des ballots, des émigrants affalés sur les ponts, sous le grand silence d’un ciel froid et pur.

Dès les premières notes, les formes autour de moi se sont estompés, tous les visages ont disparu, je suis seule, dans une longue robe, devant la lueur des projecteurs ; devant moi c’est le gouffre, la salle immense du grand théâtre impérial de Moscou est pleine à craquer (…) mon archet vole, mon bras s’agite, indépendant, mécanique parfaite, véloce et expressive à la fois ; les notes filent, s’incurvent, planent, s’enroulent autour de moi ; je suis au cœur de la musique, à la fois source et embouchure d’un fleuve sonore qui me submerge et que je fais naître (…) »

Je trouve cet extrais absolument magnifique…

Dans les lieux qu’ils traversent, ils font des connaissances (pas toujours heureuses malheureusement), mais à peine commencent-ils à réellement s’installer, qu’il faut repartir pour une nouvelle destination… et changer ses habitudes !

« J’ai su, une semaine à peine après mon arrivée ici, que je serais une fidèle cliente du café Sacher et que les beignets de Budapest étaient remplacés dans mon cœur par le café à la viennoise et surtout par le Kaiserschmarn, une des plus grandes inventions humaines : une omelette sucrée à la confiture et fourrée de raisins de Corinthe. »

En conclusion, j’ai vraiment beaucoup aimé Anna et son orchestre, au mois autant que Un sac de Billes ; l’histoire est très captivante, les personnages sont attachants et la musique est magnifique (je ne l’entendais pourtant pas, mais elle est tellement bien décrite, que j’avais réellement l’impression de l’entendre, de la ressentir, ce que je trouve incroyable) !

L’avez-vous lu ?

Mlle Jeanne