La couleur des sentiments de Kathryn Stockett

En 1963, Skeeter Phelan rentre chez elle après avoir obtenu son diplôme. A son arrivée, Constantine, la bonne de la famille qui l’a élevée est partie et ses parents refusent de lui donner l’explication de son départ. Skeeter, jeune femme moderne, s’occupe d’articles de conseils ménagers dans un journal. Révoltée par la condition des Noirs dans sa ville, elle décide d’écrire secrètement un roman en recueillant des témoignages de bonnes Noires qui ont passé leur vie à élever les enfants des Blancs.

« J’ai envie de crier assez fort pour que Baby Girl m’entende, de crier que sale, c’est pas une couleur, que les maladies, c’est pas les Noirs. Je voudrais empêcher que le moment arrive –comme il arrive dans la vie de tout enfant blanc- où elle va se mettre à penser que les Noirs c’est moins bien que les Blancs. »

Au retour de ses études, Skeeter revient changée : elle voit différemment le monde qui l’entoure. Elle comprend que la condition des Noirs n’est pas normale et qu’il faut que les choses changent. La comparaison à ses anciennes amies est flagrante, elles ont, par exemple, des toilettes séparées pour leur bonne et elles trouvent ça normal. Ça montre bien la mentalité de l’époque et l’important changement qu’il y a eu depuis. Tout au long de l’histoire, on découvre des personnages complexes et émouvants. Je me suis tout de suite attachée à Skeeter : elle est travailleuse et décidé. Les deux autres narratrices, Minny et Aibileen, des bonnes Noires, donnent un point de vue différent à l’histoire. Elles ont des caractères assez marqués qui se complètent et qui donnent un peu de piment au récit. Elles élèvent les enfants des Blancs, et pourtant, ce sont eux qui, des années plus tard, deviennent leur patron à leur tour.

J’ai beaucoup aimé la fin de l’histoire Elle nous laisse imaginer ce qu’on veut pour la suite tout en étant claire et cohérente. Ce roman est très bien écrit et j’étais transportée dans l’histoire. Il est bien sur romancé, mais il donne un Lire la suite

Au bonheur des ogres, de Daniel Pennac

Benjamin Malaussène est bouc émissaire (mais employé sous le nom de contrôleur technique) dans un grand magasin. Alors qu’il est appelé au Bureau des réclamations pour se faire réprimander, une bombe explose cinq minutes après son passage au rayon des jouets. Plus tard, une deuxième bombe explose sous ses yeux alors qu’il aide une journaliste à ne pas se faire arrêter pour vol. Alors, forcément, tout le monde le soupçonne !

J’ai beaucoup aimé Au bonheur des Ogres ; les personnages sont tous très approfondis et intéressants. Le personnage de Thérèse, l’une des demi-sœurs de Benjamin, m’a particulièrement plu, même si je ne comprenais pas tout à ses prédictions. L’univers du livre est très particulier, mais une fois qu’on est entré dedans, il a un côté merveilleux et farfelu. Plusieurs histoires parallèles se croisent (la famille, le travail, les attentats) et cela enrichit beaucoup l’histoire.

Au début du livre, le métier de Benjamin m’intriguait. Cela peut paraître un peu irréaliste, mais on comprend vite l’utilité de cet emploi pour le magasin ! Lire la suite

2084 : La fin du monde, de Boualem Sansal

Bonjour à tous !

On se retrouve aujourd’hui avec mon avis sur un roman que j’ai dû lire pour un cours de philo sur la religion. J’ai été très surprise par ma lecture, que j’ai beaucoup appréciée. A l’origine cet article était une fiche de lecture, c’est pour cela que le fond comme la forme diffèrent un peu de d’habitude !

2084

Ati, un homme atteint de tuberculose, tente de survivre dans un sanatorium à l’écart des villes abistanaises. Isolé par cette solitude forcée, il en vient à penser par lui-même pendant les moments laissés libres par les sept prières quotidiennes. Mais réfléchir dans son coin, c’est déjà user de sa liberté et donc s’opposer aux lois édictées par Abi, le délégué de Yölah, le dieu de l’Abistan. Le voilà mécréant par la pensée… Enfin guéri, il doit partir du sanatorium et retrouver sa vie d’avant. Mais réussira-t-il à s’intégrer alors que son regard a changé ? Sa soif de vérité pourra-t-elle être réprimée ?

Les entêtes de chapitres sont la première chose qui m’a surprise en commençant ce livre. Ils ne se contentent pas de résumer ce qu’il va s’y passer mais permettent également à l’auteur d’insister sur ce qu’il a voulu montrer, et j’ai beaucoup apprécié cette présentation atypique et très intéressante. De plus, j’ai trouvé que ce roman était extrêmement bien écrit, usant d’une langue belle et ciselée, très travaillée. Dans un roman où la langue et ses usages ont autant d’importance, l’auteur manie avec précaution les mots et semble s’être attardé sur la manière dont il dit les choses. Ainsi l’histoire, sans s’appuyer sur un très grand nombre d’action, n’est jamais ennuyeuse. On suit le résonnement de l’auteur progressivement : il nous présente des anecdotes en lien avec son propos et utilise beaucoup de points de vue extérieurs : il relaie auprès du lecteur des rumeurs, livre la pensée du peuple abistanais au moment où les héros agissent, etc. La construction du roman est ainsi extrêmement intéressante et réussie !

Le cheminement d’Ati m’a paru d’autant plus intéressant qu’il est issu d’un milieu assez pauvre : sa rébellion, la libération de sa pensée ne sont donc pas celles d’une personne particulièrement cultivée mais celles d’un homme banal, toutefois suffisamment intelligent et courageux pour se poser les bonnes questions. En effet la distinction riche/pauvre m’a semblée très importante dans la démarche de Boualemt Sansal : à plusieurs reprises on comprend que les pauvres et les riches abistanais n’ont pas le même accès à la santé ni à la technologie. Cette ségrégation de la population peut être mise en relation avec la situation actuelle dans certains pays en développement (dits émergents), ce qui était peut-être le but de l’auteur. De la même manière le personnage de Toz m’a paru être essentiel au récit car il permet de montrer une autre forme de révolte que celle d’Ati (et de Koa son ami) celle d’un homme riche et cultivé cette fois. L’auteur oppose ainsi l’idéalisme teinté de naïveté d’Ati et de Koa au réalisme assez pessimiste de Toz. Lire la suite

Fahrenheit 451, de Ray Bradbury

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Imaginez-vous:

Un monde dans lequel les pompiers brûlent les livres. Un monde dont les habitants sont manipulés, dominés par l’ignorance. Un monde où toute liberté est absente. Il ne faut parfois qu’une rencontre pour tout changer. La rencontre de Clarisse, une jeune fille de dix-sept ans, ouverte, curieuse, cultivée, et de Guy Montag, un pompier qui dérobe des livres.

Que se passera-t-il si Montag lit ces livres ? Que se passera-t-il s’il tente de changer son monde ? S’il découvre le vide qui occupe sa vie? Ne subsiste-t-il aucune contestation ?

Fahrenheit 451 est un roman de science-fiction engagé, à l’écriture prenante et au titre évocateur : 451° fahrenheit représente l’exacte température à partir de laquelle un livre brûle… Lire la suite

L’histrion du diable, de Michel Maisonneuve

Bonjour à tous ! Je vous présente aujourd’hui un autre roman lu pour le prix ouest france étonnants voyageurs : L’histrion du diable !

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Gianni, Buffaltronio et la Zingara font le récit de la vie d’Arlecchino pour Micheluccio. Arlecchino vient d’abandonner le métier qu’il a créé, laissant son fils décider de prendre ou non la relève. Ce roman est le récit de la vie de Naselli qui, au fil des rencontres et des années, va créer le personnage d’Arlequin et son habit.

J’ai adoré ce roman. L’histoire -inventée- est passionnante et le contexte est très fidèle aux faits historiques. J’ai beaucoup aimé la technique de narration et l’oralisation de l’histoire, qu’elle ne soit couchée sur le papier qu’à la toute fin. Arlecchino est un personnage sensible, sympathique, incroyablement doué et travailleur. Bref, un personnage qui sait conquérir ses lecteurs ! L’écriture de l’auteur est très belle, même avec les procédés oraux utilisés. Lire la suite