Ce qu’ils n’ont pas pu nous prendre, de Ruta Sepetys

Lina, une jeune Lituanienne de 16 ans passionnée par le dessin, s’apprête à entrer dans une école d’art. Mais on est en 1941 et la seconde guerre mondiale touche les Pays Baltes par l’occupation soviétique. Lina est arrêtée par le NKVD et déportée avec sa famille. S’en suit un long et dur voyage vers les goulags de Sibérie…

Cela faisait très longtemps que j’avais envie de lire ce livre : Yoko l’avait adoré et m’en avait dit beaucoup de bien. Premièrement, je trouve le titre magnifique et mystérieux à la fois. Rien qu’en lisant la quatrième de couverture, on sait qu’un sujet très dur va être abordé, et ce titre le reflète bien mais laisse percer une petite lueur d’espoir, la vague idée d’une résistance. Dès la toute première phrase, le lecteur est emmené de force dans ce terrible voyage, en compagnie de Lina et de ses compagnons de route.

« Ils m’ont arrêtée en chemise de nuit ».

S’ensuivent quatre cent pages intenses pendant lesquelles on n’a qu’une phrase à la bouche : ce n’est pas possible, ça n’a pas vraiment pu arriver !

Lina est un personnage auquel on s’attache très facilement : c’est une jeune fille courageuse, révoltée, pour qui on a de l’admiration mais qui a aussi ses défauts. Je ne sais même plus combien de fois je me suis malgré moi comparée à elle pendant ma lecture, pour me dire que j’ai décidément beaucoup de chance ou que jamais je ne pourrais être aussi combative dans pareille situation.

L’histoire des Pays-Baltes et de sa population n’est pas toujours très connue et ce livre incite à aller se documenter pour en apprendre plus et se rendre compte de l’ampleur de l’occupation et de toutes ses conséquences. Les notes de l’auteur permettent d’en apprendre un peu plus sur le contexte historique du roman. Si Lina et sa famille sont des personnages fictifs, le père de Ruta Spetys était Lituanien : comme certains personnages du livre, il a réussi à fuir en Allemagne, mais d’autre de ses proches n’ont malheureusement pas eu cette « chance ».

Ce qu’ils n’ont pas pu nous prendre est un roman poignant que je vous conseille vraiment. Je pense qu’il est très important de le lire et de le faire lire pour mieux se rendre compte de la situation à cette époque et prendre conscience de la dureté de ce pan méconnut de l’histoire !

L’avez-vous lu ? Qu’en avez-vous pensé ? N’hésitez pas à commenter pour donner votre avis !

Mlle Jeanne



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Passenger, d’Alexandra Bracken

Etta, une jeune violoniste talentueuse et passionnée voit son destin basculer le jour de sa première. Alors qu’elle s’apprête à entrer sur scène pour jouer le Concerto pour violon de Mendelssohn avec un Stradivarius, un sifflement strident qu’elle seule semble entendre retentit. Quelques minutes plus tard, elle retrouve sa professeure de violon assassinée et voyage à travers le temps pour atterrir en plein 18e siècle…

Ce livre me faisait envie depuis un petit bout de temps et je n’ai pas été déçue ! L’histoire (et surtout le résumé de la quatrième de couverture) peut sembler un peu clichée mais ce n’est finalement pas le cas. Les personnages principaux sont attachants et assez complexes ; le prologue est assez déroutant mais on le comprend au fur et à mesure qu’on découvre le passé de Nicholas, un des protagonistes. Si la notion du temps est un peu chamboulée à cause de tous ces voyages temporels, le passé des personnages à un rôle très important dans l’intrigue. Certains, sans trop vous en dire, se révèlent à la fin de l’histoire pour renverser des situations et surprendre le lecteur, et c’est vraiment réussi (en tous cas personnellement je me suis laissée cueillir !). On voyage donc dans le temps en compagnie d’Etta et Nicholas, et on découvre beaucoup de lieux à différentes époques. Le moment que j’ai préféré est leur excursion en Syrie au XVIe siècle.

« A l’époque d’Etta, la Syrie était déchirée par la guerre civile. Ce conflit destructeur n’engendrait que mort et désespoir, des millions de réfugiés s’étaient vus contraints de fuir le pays. Même Damas n’était pas épargnée. Si surprenant que cela puisse sembler, il était réconfortant de voir que la cité, passée de mains en mains, tenait bon depuis des milliers d’années, alors qu’elle avait fait face à de sanglantes révoltes et soumissions. »

Si Damas était un des voyages les plus exotiques avec celui d’Angkor, leur passage à Londres en plein Blitz n’est pas de tout repos non plus ! Le système des familles qui détiennent un pouvoir, en l’occurrence celui de se déplacer dans le temps, m’a un peu fait penser à l’univers des Outrepasseurs, de Cindy Van Wilder, une autre série fantastique que j’ai beaucoup aimée (même s’il me reste encore à lire les deux derniers tomes^^).

En bref, Passenger est un roman que j’ai pris beaucoup de plaisir à lire, autant pour l’histoire et les personnages que pour la balade dans le temps ! J’ai hâte de lire le deuxième tome !

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Mlle Jeanne



Six of crows, de Leigh Bardugo

Les Dregs font parti des gangs des rues de Ketterdam qui sont prêts à tout pour l’argent. Van Eck, un riche marchand, propose une étrange mission à Kaz, leur chef en échange d’une énorme somme d’argent. Il se lance alors avec ses compagnons dans une dangereuse aventure pour faire évader un savant du palais des glaces, une forteresse jusque là imprenable.

Au début de ma lecture, j’étais un peu perdue au milieu de cet univers et ces personnages nouveaux… et ce n’est pas désagréable. On comprend l’histoire petit à petit et au bout d’un moment, il devient impossible de lâcher son livre ! Les personnages principaux sont tous très attachants à leur manière. Ils ont un passé lourd de secrets et de douloureuses expériences malgré leur jeune âge et on prend beaucoup de plaisir à le découvrir petit à petit. Je ne sais pas si on peut dire qu’il y a vraiment un personnage principal parce qu’on suit l’histoire aux côtés de six compagnons, mais l’une de mes préférés est Inej. Elle fait beaucoup penser à Ellana la marchombre, un des personnages principaux de la Quête d’Ewilan, auquel Pierre Bottero a consacré une trilogie que j’ai adorée.

  

Elles agissent toutes les deux dans l’ombre, sans qu’on les remarque ni ne les entende mais elles sont beaucoup plus complexes que ce que les apparences peuvent laisser croire (ça me donne envie de relire Ellana tout ça… ;)). Les Dregs sont des voleurs auxquels on pourrait reprocher beaucoup de choses : les personnages sont loin d’être tout blanc et ça contraste avec d’autres livres où l’intrigue est un peu trop manichéenne.

L’histoire se déroule donc dans un univers fantastique, mais Ketterdam s’apparenterait si je ne me trompe pas à Amsterdam à l’époque de la Hanse des marchands probablement. J’avais l’impression de retrouver beaucoup d’éléments d’autres livres, ou films pendant ma lecture sans pouvoir vraiment les identifier. Généralement quand on dit ça, ce n’est pas très positif, mais là, tout est très bien agencé pour donner un univers qui paraît familier mais qui est en fait rempli d’embûches et d’éléments fantastiques divers et variés. Parmi eux, la découverte du savant emprisonné, le jurda parem, permettrait de décupler les facultés des grishas, une partie de la population persécutée et dotée de pouvoirs magiques utiles comme dangereux selon l’utilisation…

Donc si vous voulez une idée plus ou moins précise de ce que peut être l’univers de ce livre, vous pouvez faire un mélange d’Ellana, de Pierre Boterro, Reckless de Cornelia Funke, Helia Meldyn d’Hina Corel et des Chroniques de Dragonlance de Margaret Weis et Tracy Hickman (pour le côté quête entre compagnons).

      

Bref, je pourrais m’attarder sur beaucoup d’autres éléments : le roman renferme d’une multitude de petits détails qui participent à un rendu très réussi que je vous laisse découvrir par vous même. De mon côté, j’ai hâte de lire la suite !

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Mlle Jeanne



The selection, by Kiera Cass

Bonjour !

Voici un article un peu particulier. J’ai lu La Sélection en anglais et je vous propose donc une critique en français… puis en anglais ! J’ai le même avis dans les deux versions, mais je ne dis pas les même choses… c’est fait exprès ! Veuillez excusez les fautes s’il y en a (normalement non !) et n’hésitez pas à commenter ! 😉

Dans un pays, Ilea, dirigé par un roi et organisé en différentes castes, America Singer vit paisiblement, quoique un peu précairement avec sa famille. Elle vient de la cinquième caste : celle des artistes. Sa vie semble déjà toute tracée d’avance : elle veut se marier avec Aspen, qui est pourtant d’une caste inférieure à la sienne, et jouer de la musique pour survivre. Mais le prince Maxon entre en âge de se marier : il organise une compétition, la Sélection, ouverte à toutes les jeunes filles de toutes les castes, dans le but de trouver une épouse et de donner de l’espoir aux gens. Forcée par sa mère, qui ne sait rien de sa relation avec Aspen, America envoie une photo d’elle pour la Sélection. Quand America apprend qu’elle est prise pour la Sélection, elle part de chez elle, comme beaucoup d’autres jeunes filles, pour entrer dans le palais royal…

En commençant ma lecture, je pensais que ça n’allait pas vraiment me plaire : habituellement, les histoires d’amour dans les livres, ce n’est pas ce que je préfère. Là, l’histoire est clairement centrée autour de l’histoire d’amour… et pourtant j’ai bien aimé. L’auteur arrive à nous tenir en haleine jusqu’à la fin… et même plus puisque j’ai déjà lu le deuxième tome et que j’ai hâte de lire le troisième. Il y a beaucoup de petites histoires dans la grande, de complots, de rebondissements, d’émerveillement aussi quand on découvre en même temps qu’America toutes les facettes du palais. J’ai bien aimé l’aspect politique et historique qu’on découvre en même temps qu’America, mais il n’est pas assez présent je trouve. Concernant cet aspect là, dans le même style (SF), j’ai lu Red Queen, de Victoria Aveyard où pour le coup l’histoire était principalement basée sur les complots, les retournements politiques et la révolution qui pointait.

America est un personnage très attachant : elle a beaucoup de caractère et elle l’assume. Elle se démarque de ses « camarades » par son honnêteté, son entêtement et sa franchise. Ensuite, c’est vrai que ce livre est très girly et que la première sélection de la compétition est entièrement basée sur le physique puisqu’il ne s’agit que d’une photo… ce qui est un peu limite, mais assez réaliste puisqu’on reste quand même dans un univers de « princes et princesses ».

C’est également cet univers de conte de fées qui me laisse penser que je connais la fin de l’histoire avant même de l’avoir lue… mais ça n’empêche pas que j’ai envie de lire la suite, au contraire : j’ai envie de savoir comment est-ce qu’elle est amenée par l’auteur(e).

En bref, c’est une très bonne lecture et une très agréable surprise puisque je partais plutôt avec des a priori négatifs… J’ai hâte de lire le tome trois !

… et la partie en anglais maintenant !

In a country, Ilea, managed by a king and organized by castes from eight (the lowest) to one, the prince Maxon wants to get married. The royal family organizes a competition open to any young girls from all castes to marry the prince. America Singer is a five. She is a musician : she plays the violin and the piano very well. Her mother pushes her to participate so she sends a photo of herself for the competition. A few days later, she learns that she is accepted for the Selection. Like a lot of other young girls form all the country, she leaves her family to go to the royal palace.

It’s surely a very girly book and… Ok I will assume it ! At the beginning, I thought that it will probably be boring and not very interesting, but I gradually started to care about America. She has her own personality and she assumes it. We discover the palace with her and it’s quite exciting ! There are a lot of different plots and it’s finally just all but boring. I don’t know how, but the author manages to keep our attention and to turn a banal history into an absorbing romance. There is just one thing which makes me angry : it’s the love triangle. I can’t stand it !

With the first book, we discover the universe, all the people… and I wondered what would be the plot when I started the second book. And… it’s quite difficult to answer ! The same story continues but there are a lot of complications, of little plots into the big one. The plot is focused on the love story and I am not really interested in that when I am reading a book… but there is a lot of suspense, and, I think I know the end but I want to know how does it happen.

It’s the first book I manage to read in English, so I think the English it’s not too difficult. I don’t understand all the words but it’s quite easy to understand with the context. If, like me, you want to read a book in English, it’s a good one to begin.

So I really liked the two first books… And I just can’t wait to read the third one!

Mlle Jeanne



L’aube sera grandiose, d’Anne-Laure Bondoux

 Nine devait aller à la fête de son lycée, retrouver ses amis et passer la soirée avec eux. Au lieu de ça, Titania, sa mère, l’emmène dans une cabane au bord d’un lac où ses souvenirs vont refaire surface. Elle s’apprête à raconter l’histoire qu’elle n’a jamais pu écrire et qui la hante pourtant depuis si longtemps ; la sienne.

Quand j’ai su qu’Anne-Laure Bondoux avait écrit un nouveau roman, j’ai tout de suite eu très envie de le lire. J’avais adoré La Princetta et le capitaine, Tant que nous sommes vivants et Les larmes de l’assassin, et L’aube sera grandiose a été une nouvelle bonne surprise.

Au début du roman, j’ai été un peu déstabilisée, il faut prendre le temps de rentrer dans l’histoire et de se laisser emporter. On passe la nuit avec Nine et sa mère, et beaucoup d’autres personnages racontés par Titania en même temps que sa propre histoire. Au début, ce sont juste des souvenirs d’enfance, et puis petit à petit, se mêlent à cela des mystères, des questions souvent dirigées vers la mère de Titania. On rencontre d’abord la Titania adulte, mère d’une ado, écrivain accomplie, et ensuite une enfant heureuse puis une jeune femme qui se cherche.

Avec Nine, on découvre une personne qui a un passé mystérieux et jamais dévoilé jusqu’à cette nuit qui s’annonce longue et chargée en révélations. En plus des souvenirs, la relation entre Nine et sa mère est particulièrement belle. On alterne de façon plus ou moins régulière entre un chapitre avec Titania enfant et un autre Lire la suite