Quo Vadis ? d’Henryk Sienkiewicz

Rome, au premier siècle après J.-C. Alors que Néron, le dernier empereur de la dynastie Julio-Claudienne, règne sur l’empire romain au gré de ses caprices, le christianisme se propage malgré les interdictions et ne cesse d’acquérir de nouveaux croyants. Lygie, la fille adoptive d’une riche famille patricienne, fait partie de ceux là. Vilnicius en tombe éperdument amoureux dès la première rencontre et n’a, à partir de ce jour, plus qu’une idée en tête : l’épouser. Mais les chrétiens sont persécutés et de nombreuses personnes se mettent en travers de leur amour…

Ce roman a beau faire presque sept cents pages, je l’ai lu très rapidement ! Si on est un peu perdu au début, au milieu de tous ces personnages nouveaux qui évoluent dans un mode de vie très différent du notre, l’intrigue se met en place rapidement et j’avais très hâte de connaître la suite ! Les rebondissements s’enchainent les uns à la suite des autres tout naturellement : impossible d’imaginer au tout début ce qui va se passer ensuite ! Lygie, Vilnicius et Pétrone, l’oncle de ce dernier, sont trois personnages que j’ai eu beaucoup de plaisir à suivre tout au long de l’histoire. Si Pétrone surtout, et Vilnicius un peu, doivent arriver à leur fin en usant de tact et de diplomatie auprès d’un Néron très versatile, Lygie n’a que faire de son opinion et se consacre à sa nouvelle religion à part entière.

J’ai donc trouvé passionnant, en plus de l’intrigue, de découvrir Rome et la culture latine d’une manière très différente de celle présentée en cours. C’est de la fiction donc quelques éléments peuvent être contestés par les historiens (certains pensent pas exemple que ce n’est pas Néron qui a déclenché l’incendie de Rome, contrairement à ce qui est décrit dans le livre) mais Quo Vadis ? donne tout de même une impression assez complète des jeux, de la montée du christianisme, des codes, des traditions et des habitudes de l’époque. Il est intéressant de voir à quel point cette civilisation semblait à la fois si proche et si éloignée de la notre ! Lire la suite

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Ce qu’ils n’ont pas pu nous prendre, de Ruta Sepetys

Lina, une jeune Lituanienne de 16 ans passionnée par le dessin, s’apprête à entrer dans une école d’art. Mais on est en 1941 et la seconde guerre mondiale touche les Pays Baltes par l’occupation soviétique. Lina est arrêtée par le NKVD et déportée avec sa famille. S’en suit un long et dur voyage vers les goulags de Sibérie…

Cela faisait très longtemps que j’avais envie de lire ce livre : Yoko l’avait adoré et m’en avait dit beaucoup de bien. Premièrement, je trouve le titre magnifique et mystérieux à la fois. Rien qu’en lisant la quatrième de couverture, on sait qu’un sujet très dur va être abordé, et ce titre le reflète bien mais laisse percer une petite lueur d’espoir, la vague idée d’une résistance. Dès la toute première phrase, le lecteur est emmené de force dans ce terrible voyage, en compagnie de Lina et de ses compagnons de route.

« Ils m’ont arrêtée en chemise de nuit ».

S’ensuivent quatre cent pages intenses pendant lesquelles on n’a qu’une phrase à la bouche : ce n’est pas possible, ça n’a pas vraiment pu arriver !

Lina est un personnage auquel on s’attache très facilement : c’est une jeune fille courageuse, révoltée, pour qui on a de l’admiration mais qui a aussi ses défauts. Je ne sais même plus combien de fois je me suis malgré moi comparée à elle pendant ma lecture, pour me dire que j’ai décidément beaucoup de chance ou que jamais je ne pourrais être aussi combative dans pareille situation. Lire la suite

L’homme du verger, d’Amanda Coplin

Depuis la mort de sa mère et la disparition de sa sœur, Talmadge vit seul dans une vallée du nord-ouest des Etats-Unis. Son existence solitaire et paisible prend subitement fin par l’arrivée de deux jeunes filles épuisées et affamées dans son verger. Il apprend progressivement à les apprivoiser et découvre alors leur sombre passé…

Ce roman m’a vraiment énormément plu. : il raconte une histoire familiale très dure qui invite à la réflexion et qui m’a particulièrement touchée. Je pense que l’atmosphère de l’histoire a beaucoup joué sur mon ressenti final : elle est très apaisante et on a l’impression d’avoir tout notre temps pour lire. Ce roman fait un peu plus de cinq-cents pages et l’intrigue a donc le temps de se mettre en place tout doucement. L’histoire racontée est très belle mais paraît presque trop réaliste, parfois on a envie de se dire que ce n’est pas possible, que c’est trop horrible pour être vrai. La vie d’aucun des personnages n’a été facile, et pourtant l’auteur ne cherche pas à nous choquer : il y a beaucoup de sous entendus que chacun est libre d’interpréter librement.

« Ce qu’elle redoutait le plus, c’étaient ses silences. Les moments où elle avait l’impression qu’il était prêt à parler, et où il se dérobait au dernier moment. Il faisait volte-face. Le profondeur insondable, que ses yeux révélaient parfois, de tout ce qu’il gardait par devers lui. »

On a accès au point de vue de différents personnages et cela apporte beaucoup à l’histoire. Leurs relations sont très approfondies : on les voit se poser des questions les Lire la suite

Mille femmes blanches, de Jim Fergus

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En 1874, Little Wolf, un chef Indien, signe un accord avec le président des Etats-Unis, Grant : pour rapprocher les cultures et intégrer les indiens, mille femmes blanches seront échangées contre des chevaux pour aller vivre au sein de la tribu cheyenne. May Dodd, volontaire pour participer à cette folle aventure, découvre les indiens et leur culture dont elle ne sait pratiquement rien avec des centaines d’autres jeunes femmes de tout le pays.

On suit l’histoire de May Dodd à travers son journal intime et dès la première phrase, on a envie d’en savoir plus : « C’est aujourd’hui mon anniversaire et j’ai reçu le plus beau des cadeaux : la liberté ! ». May Dodd a un passé déjà très lourd en expériences et injustices malgré son jeune âge et on en apprend de plus en plus sur elle tout au long du roman. C’est un personnage très attachant : c’est à ses côtés qu’on découvre la culture Cheyenne et l’ampleur de cette expédition dont je n’avais jamais entendu parler auparavant. May est une femme très libre (surtout pour son époque !), décidée et impressionnante. Je ne sais pas si c’est grâce à son personnage ou à l’histoire (surement un mélange des deux) mais en lisant ce livre, on se sent libre et fort.

En plus de la barrière de la langue, les deux cultures n’ont rien à voir. May fait donc tout pour se faire comprendre, apprendre le Cheyenne, transmettre un peu de la culture américaine à son nouveau mari… Durant leur voyage vers la tribu, tout le monde les avait mis en garde que leur expédition serait un échec, ce qui rend les moments du livre où on la voit s’intégrer encore plus beaux.

Les autres femmes qui l’accompagnent sont toutes très intéressantes : comme May, on apprend à les connaître, à découvrir leurs secrets. On les voit à travers sa plume donc surement pas très objectivement, mais l’avis de May évolue. Elles ont toutes un passé atypique qui les pousse à s’adapter et à tout faire pour s’intégrer tout en conservant leur autonomie et en assumant leurs décisions.

La dernière phrase du résumé de quatrième de couverture : « Aux côté de femmes de toutes origines, elle assiste à l’agonie de son peuple d’adoption » laissait présager une ombre sur ce tableau nuancé mais plein d’espoir… jusqu’à un certain point. Les indiens ont déjà découvert l’alcool des américains et n’en font pas un usage raisonnable, les querelles entre tribus prennent des ampleurs démesurées et l’Etat Américain change d’avis un peu trop facilement… Certes, certains passages de leur intégration sont horribles, choquants et révoltants, mais May et ses camarades se sont déjà épanouies dans leur tribut malgré les incertitudes : elles prennent leur tâche d’intégration à cœur et sont finalement presque plus reconnaissantes envers leur peuple d’adoption qui les a parfois mieux traitées et accueillies que leurs propres familles. La fin m’a donc laissée bouche bée… mais je ne vous en dis pas plus !

En bref, Mille femmes blanches est un roman qui m’a beaucoup plu : il présente l’histoire sous une multitude de facettes à travers des personnages impressionnants par leur détermination et leur courage. Une suite est parue il y a deux ans : La vengeance des Mères et j’ai hâte de la lire !

marguerite passionément

L’avez-vous lu ? Qu’en avez-vous pensé ?

Mlle Jeanne



Le cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates, de Mary Ann Shaffer et Annie Barrows

Après avoir écrit Izzy Bickershaff s’en va-t’en guerre et avoir divertit la population anglaise pendant la seconde guerre mondiale, Juliet Ashton, jeune trentenaire, est en manque d’inspiration pour son nouveau roman. Contactée par Dawsey Adams, un habitant de Guernesey membre du Cercle littéraire des amateurs de tourte aux épluchures de patates et actuel propriétaire d’un livre lui ayant jadis appartenu, Juliet commence à écrire aux autres membres du cercle, intriguée. S’en suit une longue correspondance et de nombreuses surprises !

Ce titre, très original, ne pouvait que présager de bonnes choses, et j’ai tout simplement adoré ce roman. Si au début on ne comprend pas forcément tout, l’histoire se met en place assez rapidement pour finir passionnante et émouvante par moment. La correspondance commence en 1946, la deuxième guerre vient de se terminer et le Royaume-Uni n’a pas été épargné. Juliet correspond avec de nombreuses personnes (mais heureusement pas assez pour qu’on puisse s’y perdre) qu’on apprend à connaître au fil du roman. Si au bout d’un moment on croit tout savoir sur eux, un élément de leur passé ou une relation ambiguë qui s’éclaircit vient bousculer nos certitudes. Les personnages sont tous très recherchés et attachants (ou presque), si bien que Juliet en vient à apprécier une personne qu’elle ne connaît que par les paroles et écrits de ses nouveaux amis !

« Cher Sidney,

N’accorde aucune foi à ce que disent les journaux. Juliet n’a pas été arrêtée et emmenée avec les menottes. Elle a juste été réprimandée par un gendarme de Bradford- qui avait grand mal à garder son sérieux.

Elle a bien jeté une théière à la tête de Gilly Gilbert, mais il ment lorsqu’il prétend qu’elle l’a ébouillanté : le thé était froid. »

A travers le cercle littéraire de Guernsey, on découvre aussi une nouvelle façon de voir la lecture : Juliet reçoit des lettres de membres qui n’ont lu qu’un livre de Lire la suite