Le suivant sur la liste et La nuit des fugitifs de Manon Fargetton

Nathan meurt renversé par une voiture à l’entrée de son collège. Izia a seulement de temps d’apercevoir le regard déterminé et haineux du conducteur en pleine accélération quelques secondes avant l’impact.

Timothée, bouleversé par la mort de son cousin, sort de sa chambre d’hôpital et bouscule Morgane. La jeune fille rendait une fois de plus visite à sa mère, internée depuis sa naissance suite à des crises de paranoïa répétées.

De son côté, Samuel fugue de chez lui direction la maternité à la recherche de son père biologique. Cinq adolescents aux histoires compliquées réunis par une liste de noms et un secret médical aux lourdes conséquences…

J’ai lu ces deux tomes dans une édition intégrale et je pense que ce format est particulièrement bien adapté à l’histoire : en effet si j’ai bien aimé le premier tome, je n’ai commencé à être vraiment captivée par l’histoire qu’à la fin de celui-ci et j’ai donc pu embrayer sur le second sans attendre. Le début du Suivant sur la liste m’a tout d’abord fait penser à Ne t’arrête pas de Michelle Gagnon et j’ai parfois regretté le manque d’originalité de l’histoire.

Hormis le cadre peu commun (la ville de St-Malo en Bretagne), l’intrigue de base peut sembler un peu trop simple par moments. J’ai davantage apprécié ma lecture lorsque l’on commence à mieux connaitre les personnages et qu’ils enchaînent les découvertes tout en fuyant des ennemis inconnus.

E-Nathan, une intelligence artificielle ultra sophistiquée guide les adolescents dans leur quête de vérité et leur fournit les informations nécessaires à leur fuite. Hormis ce personnage un peu à part dans le lot, aucun des protagonistes n’est particulièrement mis en avant. L’histoire est successivement présentée sous le point de vue d’Izia, Morgane, Samuel et Timothée de façon à ce qu’on apprenne tous à les connaitre. Cet équilibre est particulièrement agréable car leurs personnalités sont très différentes les unes des autres et se complètent bien. Izia est pleine d’énergie et a un sens de la répartie assez amusant, Samuel est plus direct mais un peu perdu dans sa vie, Morgane semble s’attirer la sympathie de tous sans trop de difficulté et Timothée a souvent un comportement étrange en raison de sa peur des contacts… Bref, on n’a pas le temps de s’ennuyer à leurs côtés !

Les sujets sensibles abordés tout au long de l’histoire ajoutent une intrigue supplémentaire tout en rendant les personnages plus humains. Des manipulations génétiques sont au cœur de l’intrigue et elles rejoignent un sujet d’actualité qui fait débat, entre éthique et quête de connaissance sans limite. Par ailleurs, Izia, Morgane, Samuel et Timothée ont tous une histoire, un secret ou une blessure cachée : ainsi, on découvre un milieu hospitalier décrit avec ambiguïté, des situations familiales souvent compliquées et des amitiés mouvementées.

J’ai lu le second tome avec plus d’intérêt car il m’a paru plus dense et atypique. L’intrigue est principalement resserrée sur une soirée ce qui permet une tension narrative plus importante. J’ai lu les deux volumes d’affilée en un peu plus d’une journée donc je n’ai pas eu le temps d’oublier les éléments importants mais j’ai l’impression que l’auteure a veillé à ce que ses lecteurs puissent prendre plaisir à lire la suite de l’histoire sans trop de difficulté. En effet, l’intrigue est rapidement rappelée au début de La nuit des fugitifs et les personnages ont trois ans de plus, ils ont donc pu grandir en même temps que les lecteurs !

Mlle Jeanne


 


 

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Martin Eden, de Jack London

Martin Eden, un marin modeste de la baie de San Francisco, est introduit à la famille Morse après avoir courageusement sauvé leur fils, Arthur. Il y rencontre Ruth, sa jeune sœur, et est subjugué par ses connaissances, son intelligence et sa finesse. Pour revoir cette jeune femme si différente de celles qu’il a côtoyées jusqu’alors, Martin Eden commence un long apprentissage. Alors qu’il a arrêté l’école avant même d’entrer au collège, il se passionne pour la grammaire et la philosophie, en passant pas les sciences et la politique. Après de longs mois d’étude, il se lance finalement dans l’écriture, espérant ainsi pouvoir faire fortune sans retourner en mer loin de celle qu’il aime…

Après Le vagabond des étoiles et Radieuse Aurore je me suis lancée dans la lecture de Martin Eden avec de grosses attentes, et je n’ai pas été déçue ! Dès le tout début du roman, Martin rencontre Ruth et tout commence : pour la revoir, il va falloir s’élever à son niveau, comprendre tous les mots savants qu’elle emploie, lire les ouvrages qu’elle admire, bref mériter son estime. Présenté comme cela, l’histoire peut sembler un peu clichée, comme une simple amourette mais ce qui m’a passionné dans Martin Eden n’est pas tant la raison de son apprentissage que la façon dont il l’accomplit. Il se jette à corps perdu dans l’étude, et plus rien n’a d’importance pour lui, tout ce qu’il veut c’est apprendre. Je suis vraiment admirative de sa façon de se cultiver en autodidacte, par soif d’apprendre, et par amour surtout.

«  Les jours étaient trop courts. Il avait tant d’études à entreprendre. (…) Il eût volontiers consacré la totalité de son temps à chacune de ses activités et c’était la mort dans l’âme qu’il cessait d’écrire pour étudier, cessait d’étudier pour se rendre à la bibliothèque et s’extrayait de celle-ci pour se plonger dans la lecture des magazines, à la recherche du secret qui permettait aux autres écrivains de rendre leur production. (…) Mais le plus dur était de refermer ses manuels d’algèbre et de physique, de ranger son papier et son stylo pour clore ses paupières lourdes et se forcer à dormir. »

Petit à petit, on voit Martin évoluer : ses idées deviennent plus complexes, son vocabulaire plus recherché et ses mots d’argo plus rares. Très vite, il est capable de prendre du recul, de se forger sa propre opinion pour remettre en question ses maîtres. Sa vision de l’apprentissage, en analogie à la navigation qu’il connaît bien, est très juste car elle insiste sur l’infinité du savoir et la multitude des domaines à découvrir, et s’approche même d’une vision humaniste :

«  Le savoir, c’est comme une carte de navigation. C’est l’impression que ça me fait chaque fois que j’entre à la bibliothèque. Le rôle des professeurs, c’est de faire visiter la salle des cartes aux étudiants. »

De plus, Jack London ne s’arrête pas à l’apprentissage de Martin Eden, il nous montre son évolution jusqu’au bout, dans les bons comme dans les mauvais côtés et c’est aussi ce qui fait la beauté de l’histoire. Ainsi, les classes sociales en prennent tour à tour pour leur grade et la politique, sujet qui intéressait Jack London il me semble, n’est pas laissée de côté (la première moitié de Martin Eden est en effet souvent considérée comme une autobiographie romancée de Jack London).

En conclusion, Martin Eden est un roman passionnant, une véritable ode à l’apprentissage et à l’amour nuancée par une fin poignante qui conclut l’histoire sur une réflexion sociale et culturelle. A lire absolument !

Pour lire l’article de Yoko, auquel j’ai ajouté mon avis, sur son blog dédié à Jack London, c’est ici ! 😉

Mlle Jeanne

Miss Peregrine’s Peculiar Children : A map of Days, by Ransom Riggs

Having defeated the monstrous threat that nearly destroyed the peculiar world, Jacob Portman is back where his story began, in Florida. Except now Miss Peregrine, Emma, and their peculiar friends are with him, and doing their best to blend in. But carefree days of beach visits and normalling lessons are soon interrupted by a discovery—a subterranean bunker that belonged to Jacob’s grandfather, Abe.

Recently, I read the fourth volume of Miss Peregrine’s Peculiar Children in English because I wanted to (re)discover Ransom Riggs’ writing and to improve my English comprehension. But firstly, it was because of the beautiful English hardback edition. Indeed, it’s surely one of the most magnificent book I have ever had: the black book cover is decorated with a golden bird, the name of the volume is written in golden letters on the edge, all the chapters are separated by a blue page with diamond patterns and finally, at the top and at the bottom of each page, the title and the number of pages are stylized with blue lines…I think that I wasn’t very objective with the story in itself because I was too amazed by the page sitting but I tried to pay attention to my reading too!

I was very surprised when I heard about a fourth volume because I thought that the Library of Souls was the last one. Lire la suite

L’assassin royal T1. L’apprenti assassin, de Robin Hobb

Fitz, le bâtard du prince héritier Chevalerie, grandit à Castelserf au royaume des Six-Duchés sans connaître ni mère ni père, ce dernier ayant refusé le trône en apprenant son existence. S’il ne peut en aucun cas prétendre à la couronne, Fitz reçoit une éducation sous la protection de Burrich le maître d’écurie, jusqu’au jour où le roi prend son avenir en main : Fitz va alors commencer une initiation nocturne et secrète pour devenir assassin à son service.

« Nous nous fabriquons souvent nous-mêmes nos propres prisons. Mais on peut aussi créer sa propre liberté. »

Comme introduction au roman, Fitz, devenu vieux, raconte son histoire depuis son arrivée à Castelserf à l’âge de six ans. A partir de là, on suit ses aventures d’enfant puis d’adolescent, son apprentissage du combat, des bonnes manières et de l’Art (une magie puissante réservée à la famille royale). Ce premier tome est donc avant tout un roman initiatique, surement en introduction à la suite des douze autres volumes. Habituellement je n’aime pas beaucoup me lancer dans des séries aussi longues, mais plusieurs personnes m’ont conseillé celle là et pour cause, j’ai adoré !

Le lecteur est directement plongé dans l’univers médiéval-fantastique (d’heroic fantasy) du roman. En effet, jusqu’à l’apparition de la magie, ce monde très subtil et travaillé ressemble beaucoup au nôtre pendant le Moyen-âge. L’histoire est très captivante et je me suis tout de suite attachée à Fitz : c’est un jeune garçon très solitaire qui tente de survivre dans cet univers de pouvoir dans lequel tout le monde ne lui veut pas que du bien. C’est également un personnage plutôt réaliste qui ne sait pas très bien où est sa place en raison de sa naissance. Il a des hauts et des bas, fait des erreurs et Lire la suite