Passenger, d’Alexandra Bracken

Etta, une jeune violoniste talentueuse et passionnée voit son destin basculer le jour de sa première. Alors qu’elle s’apprête à entrer sur scène pour jouer le Concerto pour violon de Mendelssohn avec un Stradivarius, un sifflement strident qu’elle seule semble entendre retentit. Quelques minutes plus tard, elle retrouve sa professeure de violon assassinée et voyage à travers le temps pour atterrir en plein 18e siècle…

Ce livre me faisait envie depuis un petit bout de temps et je n’ai pas été déçue ! L’histoire (et surtout le résumé de la quatrième de couverture) peut sembler un peu clichée mais ce n’est finalement pas le cas. Les personnages principaux sont attachants et assez complexes ; le prologue est assez déroutant mais on le comprend au fur et à mesure qu’on découvre le passé de Nicholas, un des protagonistes. Si la notion du temps est un peu chamboulée à cause de tous ces voyages temporels, le passé des personnages à un rôle très important dans l’intrigue. Certains, sans trop vous en dire, se révèlent à la fin de l’histoire pour renverser des situations et surprendre le lecteur, et c’est vraiment réussi (en tous cas personnellement je me suis laissée cueillir !). On voyage donc dans le temps en compagnie d’Etta et Nicholas, et on découvre beaucoup de lieux à différentes époques. Le moment que j’ai préféré est leur excursion en Syrie au XVIe siècle.

« A l’époque d’Etta, la Syrie était déchirée par la guerre civile. Ce conflit destructeur n’engendrait que mort et désespoir, des millions de réfugiés s’étaient vus contraints de fuir le pays. Même Damas n’était pas épargnée. Si surprenant que cela puisse sembler, il était réconfortant de voir que la cité, passée de mains en mains, tenait bon depuis des milliers d’années, alors qu’elle avait fait face à de sanglantes révoltes et soumissions. »

Si Damas était un des voyages les plus exotiques avec celui d’Angkor, leur passage à Londres en plein Blitz n’est pas de tout repos non plus ! Le système des familles qui détiennent un pouvoir, en l’occurrence celui de se déplacer dans le temps, m’a un peu fait penser à l’univers des Outrepasseurs, de Cindy Van Wilder, une autre série fantastique que j’ai beaucoup aimée (même s’il me reste encore à lire les deux derniers tomes^^).

En bref, Passenger est un roman que j’ai pris beaucoup de plaisir à lire, autant pour l’histoire et les personnages que pour la balade dans le temps ! J’ai hâte de lire le deuxième tome !

L’avez-vous lu ? Qu’en avez-vous pensé ?

Mlle Jeanne



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Six of crows, de Leigh Bardugo

Les Dregs font parti des gangs des rues de Ketterdam qui sont prêts à tout pour l’argent. Van Eck, un riche marchand, propose une étrange mission à Kaz, leur chef en échange d’une énorme somme d’argent. Il se lance alors avec ses compagnons dans une dangereuse aventure pour faire évader un savant du palais des glaces, une forteresse jusque là imprenable.

Au début de ma lecture, j’étais un peu perdue au milieu de cet univers et ces personnages nouveaux… et ce n’est pas désagréable. On comprend l’histoire petit à petit et au bout d’un moment, il devient impossible de lâcher son livre ! Les personnages principaux sont tous très attachants à leur manière. Ils ont un passé lourd de secrets et de douloureuses expériences malgré leur jeune âge et on prend beaucoup de plaisir à le découvrir petit à petit. Je ne sais pas si on peut dire qu’il y a vraiment un personnage principal parce qu’on suit l’histoire aux côtés de six compagnons, mais l’une de mes préférés est Inej. Elle fait beaucoup penser à Ellana la marchombre, un des personnages principaux de la Quête d’Ewilan, auquel Pierre Bottero a consacré une trilogie que j’ai adorée.

  

Elles agissent toutes les deux dans l’ombre, sans qu’on les remarque ni ne les entende mais elles sont beaucoup plus complexes que ce que les apparences peuvent laisser croire (ça me donne envie de relire Ellana tout ça… ;)). Les Dregs sont des voleurs auxquels on pourrait reprocher beaucoup de choses : les personnages sont loin d’être tout blanc et ça contraste avec d’autres livres où l’intrigue est un peu trop manichéenne.

L’histoire se déroule donc dans un univers fantastique, mais Ketterdam s’apparenterait si je ne me trompe pas à Amsterdam à l’époque de la Hanse des marchands probablement. J’avais l’impression de retrouver beaucoup d’éléments d’autres livres, ou films pendant ma lecture sans pouvoir vraiment les identifier. Généralement quand on dit ça, ce n’est pas très positif, mais là, tout est très bien agencé pour donner un univers qui paraît familier mais qui est en fait rempli d’embûches et d’éléments fantastiques divers et variés. Parmi eux, la découverte du savant emprisonné, le jurda parem, permettrait de décupler les facultés des grishas, une partie de la population persécutée et dotée de pouvoirs magiques utiles comme dangereux selon l’utilisation…

Donc si vous voulez une idée plus ou moins précise de ce que peut être l’univers de ce livre, vous pouvez faire un mélange d’Ellana, de Pierre Boterro, Reckless de Cornelia Funke, Helia Meldyn d’Hina Corel et des Chroniques de Dragonlance de Margaret Weis et Tracy Hickman (pour le côté quête entre compagnons).

      

Bref, je pourrais m’attarder sur beaucoup d’autres éléments : le roman renferme d’une multitude de petits détails qui participent à un rendu très réussi que je vous laisse découvrir par vous même. De mon côté, j’ai hâte de lire la suite !

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Mlle Jeanne



Mille femmes blanches, de Jim Fergus

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En 1874, Little Wolf, un chef Indien, signe un accord avec le président des Etats-Unis, Grant : pour rapprocher les cultures et intégrer les indiens, mille femmes blanches seront échangées contre des chevaux pour aller vivre au sein de la tribu cheyenne. May Dodd, volontaire pour participer à cette folle aventure, découvre les indiens et leur culture dont elle ne sait pratiquement rien avec des centaines d’autres jeunes femmes de tout le pays.

On suit l’histoire de May Dodd à travers son journal intime et dès la première phrase, on a envie d’en savoir plus : « C’est aujourd’hui mon anniversaire et j’ai reçu le plus beau des cadeaux : la liberté ! ». May Dodd a un passé déjà très lourd en expériences et injustices malgré son jeune âge et on en apprend de plus en plus sur elle tout au long du roman. C’est un personnage très attachant : c’est à ses côtés qu’on découvre la culture Cheyenne et l’ampleur de cette expédition dont je n’avais jamais entendu parler auparavant. May est une femme très libre (surtout pour son époque !), décidée et impressionnante. Je ne sais pas si c’est grâce à son personnage ou à l’histoire (surement un mélange des deux) mais en lisant ce livre, on se sent libre et fort.

En plus de la barrière de la langue, les deux cultures n’ont rien à voir. May fait donc tout pour se faire comprendre, apprendre le Cheyenne, transmettre un peu de la culture américaine à son nouveau mari… Durant leur voyage vers la tribu, tout le monde les avait mis en garde que leur expédition serait un échec, ce qui rend les moments du livre où on la voit s’intégrer encore plus beaux.

Les autres femmes qui l’accompagnent sont toutes très intéressantes : comme May, on apprend à les connaître, à découvrir leurs secrets. On les voit à travers sa plume donc surement pas très objectivement, mais l’avis de May évolue. Elles ont toutes un passé atypique qui les pousse à s’adapter et à tout faire pour s’intégrer tout en conservant leur autonomie et en assumant leurs décisions.

La dernière phrase du résumé de quatrième de couverture : « Aux côté de femmes de toutes origines, elle assiste à l’agonie de son peuple d’adoption » laissait présager une ombre sur ce tableau nuancé mais plein d’espoir… jusqu’à un certain point. Les indiens ont déjà découvert l’alcool des américains et n’en font pas un usage raisonnable, les querelles entre tribus prennent des ampleurs démesurées et l’Etat Américain change d’avis un peu trop facilement… Certes, certains passages de leur intégration sont horribles, choquants et révoltants, mais May et ses camarades se sont déjà épanouies dans leur tribut malgré les incertitudes : elles prennent leur tâche d’intégration à cœur et sont finalement presque plus reconnaissantes envers leur peuple d’adoption qui les a parfois mieux traitées et accueillies que leurs propres familles. La fin m’a donc laissée bouche bée… mais je ne vous en dis pas plus !

En bref, Mille femmes blanches est un roman qui m’a beaucoup plu : il présente l’histoire sous une multitude de facettes à travers des personnages impressionnants par leur détermination et leur courage. Une suite est parue il y a deux ans : La vengeance des Mères et j’ai hâte de la lire !

marguerite passionément

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Mlle Jeanne



Hisse et Ho T5, La lettre secrète, d’Anne Loyer

Après l’île de Bréat, le Portugal, l’Espagne et l’Italie, les jumeaux et leurs parents sont prêts pour une nouvelle aventure, direction Londres et le tournage d’Oliver Twist ! Entre découverte de la ville, conversations avec un acteur pourri-gâté et course poursuite, Hisse et Ho ne sont pas prêts de s’ennuyer !

Je suis à chaque fois impressionnée par le début de l’histoire (et le livre tout entier en fait) : dès le premier chapitre, on plonge dans l’univers de Hisse et Ho… d’un coup ! Premières phrases : « Je rigole ! Je me gausse ! Je me bidonne ! ». Comment ne pas être intrigué par cette originale entrée en matière ? Pour satisfaire ma curiosité, une seule possibilité : lire le livre !

Anne Loyer écrit vraiment bien, de façon très imagée. Le texte regorge de comparaisons, de références, d’expressions rigolotes et de jeux de mots, et ça rend l’histoire très vivante. Cette fois-ci le lecteur est immergé dans le monde du cinéma… et de la littérature. Car s’ils sont sur un tournage, Oliver Twist est tout d’abord un roman écrit par Charles Dickens (La lettre secrète m’a donné envie… un livre en plus sur ma pile à lire ! (ou plutôt étagère, au stade ou j’en suis)).

« Mon petit pirate emplumé pouvait bien me picorer l’oreille pour m’encourager, je n’en menais pas large. Perdue dans une ville étrangère, à, la poursuite d’un délinquant à la trajectoire inconnue, en plein resquillage sans aucun moyen de faire connaître ma position à mon Ho de frère, je me voyais mal partie. (…) Imaginez un instant, une gamine à boucles avec un piaf bigarré dans ce dédale ! »

Les deux jumeaux sont tous les deux très attachants, sympathiques, originaux, bref plein de Lire la suite

Vingt mille lieux sous les mers, de Jules Verne

Un gigantesque animal marin sillonne les mers du globe en effrayant les navigateurs et en causant des dégâts sur leurs bateaux. Le professeur Aronnax, expert en histoire naturelle et auteur des deux très célèbres livres « Les mystères des grands fonds sous-marins », est invité à bord de l’expédition chargée de capturer la bête. Alors que, découragés, ils voient enfin la créature sous-marine, celle-ci attaque le navire. Seuls rescapés du naufrage, le professeur Aronnax, son fidèle serviteur Conseil et Ned Land, un harponneur Canadien, trouvent refuge à bord de la créature… qui n’est autre qu’un gigantesque sous-marin, Le Nautilus !

Pour ceux qui n’ont pas encore lu le livre, attention, la fin sera plus ou moins dévoilée en fin d’article.

Mais commençons déjà par le début : à bord du Nautilus, les trois compagnons rencontrent le capitaine Nemo, qui leur promet de leur faire découvrir les mers et océans sous un nouvel angle en échange de leur liberté. On découvre donc le milieu sous-marin avec le professeur Aronnax, aussi bien vêtu de scaphandre pour une chasse aux poissons, qu’avec une attaque de Krakens ou la découverte d’Atlantide. L’histoire est d’autant plus originale que Jules Verne décrit le Nautilus comme un sous-marin beaucoup plus avancé technologiquement que tout ce qui existait alors. Bref, tout le roman est passionnant, les personnages vont d’étapes en étapes, toutes plus impressionnantes les unes que les autres… mais il y a tout de même quelques longueurs qui rendent l’histoire plus monotone et lui font perdre un peu de rythme.

Néanmoins, si je continuais ma lecture, c’était principalement pour savoir qui était le capitaine Nemo, un personnage dont on ne sait pas grand chose, misanthrope, dont la famille semble avoir été assassinée et qui parle de vengeance tout en étant dégouté par les humains et leur cruauté. J’ai donc été terriblement déçue par la fin du livre. Tout au long du roman, j’avais l’impression que Jules Verne laissait des indices.

Pourquoi le capitaine Nemo vit-il à l’écart des hommes ? Qui est-il ? Pourquoi enferme t-il ses trois invités-otages pendant un temps indéterminé à un moment de l’histoire ? Pourquoi un de ses hommes revient-il gravement blessé (et finalement mort) à bord du Nautilus ? Quelle langue parle-t-il avec son équipage ?

Autant de questions restées sans réponses…

Michel Strogoff et Le tour du monde en quatre-vingt jours (les deux autres romans de Jules Verne que j’ai lus) sont également passionnants, mais leur fin est géniale ! Alors… pourquoi cette fin dans Vingt-Mille lieux sous les mers ?

Mon avis sur cette lecture est un peu mélangé : en énumérant ces questions, je me rends compte à quel point les pistes laissées sont/auraient pu être passionnantes, les personnages sont complexes, l’histoire est très originale… et il y a finalement cette fin qui me déçoit.

Si vous l’avez déjà lu, je serais très heureuse de connaître votre avis et de pouvoir en discuter !

Mlle Jeanne