Quo Vadis ? d’Henryk Sienkiewicz

Rome, au premier siècle après J.-C. Alors que Néron, le dernier empereur de la dynastie Julio-Claudienne, règne sur l’empire romain au gré de ses caprices, le christianisme se propage malgré les interdictions et ne cesse d’acquérir de nouveaux croyants. Lygie, la fille adoptive d’une riche famille patricienne, fait partie de ceux là. Vilnicius en tombe éperdument amoureux dès la première rencontre et n’a, à partir de ce jour, plus qu’une idée en tête : l’épouser. Mais les chrétiens sont persécutés et de nombreuses personnes se mettent en travers de leur amour…

Ce roman a beau faire presque sept cents pages, je l’ai lu très rapidement ! Si on est un peu perdu au début, au milieu de tous ces personnages nouveaux qui évoluent dans un mode de vie très différent du notre, l’intrigue se met en place rapidement et j’avais très hâte de connaître la suite ! Les rebondissements s’enchainent les uns à la suite des autres tout naturellement : impossible d’imaginer au tout début ce qui va se passer ensuite ! Lygie, Vilnicius et Pétrone, l’oncle de ce dernier, sont trois personnages que j’ai eu beaucoup de plaisir à suivre tout au long de l’histoire. Si Pétrone surtout, et Vilnicius un peu, doivent arriver à leur fin en usant de tact et de diplomatie auprès d’un Néron très versatile, Lygie n’a que faire de son opinion et se consacre à sa nouvelle religion à part entière.

J’ai donc trouvé passionnant, en plus de l’intrigue, de découvrir Rome et la culture latine d’une manière très différente de celle présentée en cours. C’est de la fiction donc quelques éléments peuvent être contestés par les historiens (certains pensent pas exemple que ce n’est pas Néron qui a déclenché l’incendie de Rome, contrairement à ce qui est décrit dans le livre) mais Quo Vadis ? donne tout de même une impression assez complète des jeux, de la montée du christianisme, des codes, des traditions et des habitudes de l’époque. Il est intéressant de voir à quel point cette civilisation semblait à la fois si proche et si éloignée de la notre ! Lire la suite

Publicités

Passenger, d’Alexandra Bracken

Etta, une jeune violoniste talentueuse et passionnée voit son destin basculer le jour de sa première. Alors qu’elle s’apprête à entrer sur scène pour jouer le Concerto pour violon de Mendelssohn avec un Stradivarius, un sifflement strident qu’elle seule semble entendre retentit. Quelques minutes plus tard, elle retrouve sa professeure de violon assassinée et voyage à travers le temps pour atterrir en plein 18e siècle…

Ce livre me faisait envie depuis un petit bout de temps et je n’ai pas été déçue ! L’histoire (et surtout le résumé de la quatrième de couverture) peut sembler un peu clichée mais ce n’est finalement pas le cas. Les personnages principaux sont attachants et assez complexes ; le prologue est assez déroutant mais on le comprend au fur et à mesure qu’on découvre le passé de Nicholas, un des protagonistes. Si la notion du temps est un peu chamboulée à cause de tous ces voyages temporels, le passé des personnages à un rôle très important dans l’intrigue. Certains, sans trop vous en dire, se révèlent à la fin de l’histoire pour renverser des situations et surprendre le lecteur, et c’est vraiment réussi (en tous cas personnellement je me suis laissée cueillir !). On voyage donc dans le temps en compagnie d’Etta et Nicholas, et on découvre beaucoup de lieux à différentes époques. Le moment que j’ai préféré est leur excursion en Syrie au XVIe siècle. Lire la suite

Six of crows, de Leigh Bardugo

Les Dregs font parti des gangs des rues de Ketterdam qui sont prêts à tout pour l’argent. Van Eck, un riche marchand, propose une étrange mission à Kaz, leur chef en échange d’une énorme somme d’argent. Il se lance alors avec ses compagnons dans une dangereuse aventure pour faire évader un savant du palais des glaces, une forteresse jusque là imprenable.

Au début de ma lecture, j’étais un peu perdue au milieu de cet univers et ces personnages nouveaux… et ce n’est pas désagréable. On comprend l’histoire petit à petit et au bout d’un moment, il devient impossible de lâcher son livre ! Les personnages principaux sont tous très attachants à leur manière. Ils ont un passé lourd de secrets et de douloureuses expériences malgré leur jeune âge et on prend beaucoup de plaisir à le découvrir petit à petit. Je ne sais pas si on peut dire qu’il y a vraiment un personnage principal parce qu’on suit l’histoire aux côtés de six compagnons, mais l’une de mes préférés est Inej. Elle fait beaucoup penser à Ellana la marchombre, un des personnages principaux de la Quête d’Ewilan, auquel Pierre Bottero a consacré une trilogie que j’ai adorée.

  

Elles agissent toutes les deux dans l’ombre, sans qu’on les remarque ni ne les entende mais elles sont beaucoup plus complexes que ce que les apparences peuvent laisser croire (ça me donne envie de relire Ellana tout ça… ;)). Les Dregs sont des voleurs auxquels on pourrait reprocher beaucoup de choses : les personnages sont loin d’être tout blanc et ça contraste avec d’autres livres où l’intrigue est un peu trop manichéenne.

L’histoire se déroule donc dans un univers fantastique, mais Ketterdam s’apparenterait si je ne me trompe pas à Amsterdam à l’époque de la Hanse des marchands probablement. J’avais l’impression de retrouver beaucoup d’éléments d’autres livres, ou films pendant ma lecture sans pouvoir vraiment les identifier. Généralement quand on dit ça, ce n’est pas très positif, mais là, tout est très bien agencé pour donner un univers qui paraît familier mais qui est en fait rempli d’embûches et d’éléments fantastiques divers et variés. Parmi eux, la découverte du savant emprisonné, le jurda parem, permettrait de décupler les facultés des grishas, une partie de la population persécutée et dotée de pouvoirs magiques utiles comme dangereux selon l’utilisation…

Donc si vous voulez une idée plus ou moins précise de ce que peut être l’univers de ce livre, vous pouvez faire un mélange d’Ellana, de Pierre Boterro, Reckless de Cornelia Funke, Helia Meldyn d’Hina Corel et des Chroniques de Dragonlance de Margaret Weis et Tracy Hickman (pour le côté quête entre compagnons).

      

Bref, je pourrais m’attarder sur beaucoup d’autres éléments : le roman renferme d’une multitude de petits détails qui participent à un rendu très réussi que je vous laisse découvrir par vous même. De mon côté, j’ai hâte de lire la suite !

L’avez-vous lu ? Qu’en avez-vous pensé ?

Mlle Jeanne



Mille femmes blanches, de Jim Fergus

IMG_20180209_151653.jpg

En 1874, Little Wolf, un chef Indien, signe un accord avec le président des Etats-Unis, Grant : pour rapprocher les cultures et intégrer les indiens, mille femmes blanches seront échangées contre des chevaux pour aller vivre au sein de la tribu cheyenne. May Dodd, volontaire pour participer à cette folle aventure, découvre les indiens et leur culture dont elle ne sait pratiquement rien avec des centaines d’autres jeunes femmes de tout le pays.

On suit l’histoire de May Dodd à travers son journal intime et dès la première phrase, on a envie d’en savoir plus : « C’est aujourd’hui mon anniversaire et j’ai reçu le plus beau des cadeaux : la liberté ! ». May Dodd a un passé déjà très lourd en expériences et injustices malgré son jeune âge et on en apprend de plus en plus sur elle tout au long du roman. C’est un personnage très attachant : c’est à ses côtés qu’on découvre la culture Cheyenne et l’ampleur de cette expédition dont je n’avais jamais entendu parler auparavant. May est une femme très libre (surtout pour son époque !), décidée et impressionnante. Je ne sais pas si c’est grâce à son personnage ou à l’histoire (surement un mélange des deux) mais en lisant ce livre, on se sent libre et fort.

En plus de la barrière de la langue, les deux cultures n’ont rien à voir. May fait donc tout pour se faire comprendre, apprendre le Cheyenne, transmettre un peu de la culture américaine à son nouveau mari… Durant leur voyage vers la tribu, tout le monde les avait mis en garde que leur expédition serait un échec, ce qui rend les moments du livre où on la voit s’intégrer encore plus beaux.

Les autres femmes qui l’accompagnent sont toutes très intéressantes : comme May, on apprend à les connaître, à découvrir leurs secrets. On les voit à travers sa plume donc surement pas très objectivement, mais l’avis de May évolue. Elles ont toutes un passé atypique qui les pousse à s’adapter et à tout faire pour s’intégrer tout en conservant leur autonomie et en assumant leurs décisions.

La dernière phrase du résumé de quatrième de couverture : « Aux côté de femmes de toutes origines, elle assiste à l’agonie de son peuple d’adoption » laissait présager une ombre sur ce tableau nuancé mais plein d’espoir… jusqu’à un certain point. Les indiens ont déjà découvert l’alcool des américains et n’en font pas un usage raisonnable, les querelles entre tribus prennent des ampleurs démesurées et l’Etat Américain change d’avis un peu trop facilement… Certes, certains passages de leur intégration sont horribles, choquants et révoltants, mais May et ses camarades se sont déjà épanouies dans leur tribut malgré les incertitudes : elles prennent leur tâche d’intégration à cœur et sont finalement presque plus reconnaissantes envers leur peuple d’adoption qui les a parfois mieux traitées et accueillies que leurs propres familles. La fin m’a donc laissée bouche bée… mais je ne vous en dis pas plus !

En bref, Mille femmes blanches est un roman qui m’a beaucoup plu : il présente l’histoire sous une multitude de facettes à travers des personnages impressionnants par leur détermination et leur courage. Une suite est parue il y a deux ans : La vengeance des Mères et j’ai hâte de la lire !

marguerite passionément

L’avez-vous lu ? Qu’en avez-vous pensé ?

Mlle Jeanne



Hisse et Ho T5, La lettre secrète, d’Anne Loyer

Après l’île de Bréat, le Portugal, l’Espagne et l’Italie, les jumeaux et leurs parents sont prêts pour une nouvelle aventure, direction Londres et le tournage d’Oliver Twist ! Entre découverte de la ville, conversations avec un acteur pourri-gâté et course poursuite, Hisse et Ho ne sont pas prêts de s’ennuyer !

Je suis à chaque fois impressionnée par le début de l’histoire (et le livre tout entier en fait) : dès le premier chapitre, on plonge dans l’univers de Hisse et Ho… d’un coup ! Premières phrases : « Je rigole ! Je me gausse ! Je me bidonne ! ». Comment ne pas être intrigué par cette originale entrée en matière ? Pour satisfaire ma curiosité, une seule possibilité : lire le livre !

Anne Loyer écrit vraiment bien, de façon très imagée. Le texte regorge de comparaisons, de références, d’expressions rigolotes et de jeux de mots, et ça rend l’histoire très vivante. Cette fois-ci le lecteur est immergé dans le monde du cinéma… et de la littérature. Car s’ils sont sur un tournage, Oliver Twist est tout d’abord un roman écrit par Charles Dickens (La lettre secrète m’a donné envie… un livre en plus sur ma pile à lire ! (ou plutôt étagère, au stade ou j’en suis)).

« Mon petit pirate emplumé pouvait bien me picorer l’oreille pour m’encourager, je n’en menais pas large. Perdue dans une ville étrangère, à, la poursuite d’un délinquant à la trajectoire inconnue, en plein resquillage sans aucun moyen de faire connaître ma position à mon Ho de frère, je me voyais mal partie. (…) Imaginez un instant, une gamine à boucles avec un piaf bigarré dans ce dédale ! »

Les deux jumeaux sont tous les deux très attachants, sympathiques, originaux, bref plein de Lire la suite